Vaud: L'EMS au lieu de l'abattoir pour les bêtes de ferme
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VaudL'EMS au lieu de l'abattoir pour les bêtes de ferme

Un vétérinaire a créé une association pour prendre en charge les animaux qui ne sont plus rentables. A terme, il entend créer un refuge.

par
Caroline Gebhard
Olivier Rey a découvert Maya dans les Alpes vaudoises, peu après sa naissance en juin 2014.

Olivier Rey a découvert Maya dans les Alpes vaudoises, peu après sa naissance en juin 2014.

photo: Kein Anbieter/dr/cge

Son quotidien, ce sont les chiens, les chats et les petits animaux. Ceux à qui on fait une place sur le canapé ou dans le jardin et que l'on choie jusqu'à la fin de leur vie. Mais le docteur Olivier Rey, vétérinaire installé à La Tour-de-Peilz, veut aussi penser aux autres: ceux qui vivent dans l'ombre de l'étable pour fournir lait, œufs et viande. Pour eux, il a créé l'association d'utilité publique Sanctuaire Maya, destinée à prendre en charge les bêtes de ferme handicapées, âgées ou abandonnées – en priorité les chèvres et les moutons – afin de leur éviter l'abattoir. «Ces animaux sont aussi dignes d'être respectés dans leur intégrité même quand ils ne sont plus rentables», assure-t-il.

Son idée, il l'a eue dans un alpage des Alpes, au gré de ses balades dominicales. C'est là qu'il a rencontré Maya, un adorable veau à la robe chocolatée. Sans lui, la petite femelle serait partie à la boucherie. Après l'avoir parrainée, il l'a achetée et l'a placée en pension chez un paysan. Sa maman, Estele, également promise à l'abattoir, l'a rapidement rejointe. A terme, le vétérinaire espère installer les protégés de l'association dans la bergerie qu'il souhaite créer au Mont-Pèlerin, lorsqu'il aura réuni suffisamment d'argent grâce aux dons, parrainages et autres levées de fonds.

«Quand on a cœur, c'est pour tous les animaux», souligne Olivier Rey. Fils d'éleveurs, il sait que les paysans n'ont pas les moyens d'entretenir leurs bêtes lorsqu'elles ne rapportent plus rien. Mais il veut leur offrir une alternative: «C'est une goutte d'eau dans l'océan mais c'est une goutte de conscience.»

Une destinée économique avant tout

Charles Trolliet, ex-président de la Société des vétérinaires suisses, est dubitatif: «Par définition, ces animaux sont là pour produire quelque chose.» Il imagine mal qu'on puisse les conserver au-delà. Ce qui importe d'abord, selon lui, c'est de leur assurer de bonnes conditions de vie puis d'abattage. «Ce n'est pas la même chose qu'un chien ou un chat qu'on garde par plaisir.» Seuls les chevaux, dont le statut a changé, se trouvent à mi-chemin entre les animaux de rente et de compagnie. Pour Charles Trolliet, les chèvres et les moutons pourraient aussi connaître cette évolution mais pas les autres bêtes de la ferme.

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