Genève: L'encouragement à la retraite menacé

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GenèveL'encouragement à la retraite menacé

Le PLR et le PDC estiment qu'il n'a pas atteint ses buts. Dans un contexte budgétaire tendu, son abrogation permettrait des économies de 30 à 35 millions de franc par an.

Entré en vigueur en 1995, le plan d'encouragement au départ anticipé (PLEND) avait pour but de faciliter le départ à la retraite des fonctionnaires dès 58 ans en leur versant une rente temporaire de 20% du salaire jusqu'à l'âge de la retraite. Si cet objectif a été atteint, ce n'est pas le cas d'autres, a relevé mardi devant les médias la présidente du PDC, Béatrice Hirsch.

Aussi voulues par le PLEND, les économies et l'amélioration de l'emploi des jeunes n'ont pas été réalisées. L'écart salarial entre l'employé partant à la retraite et son remplaçant s'est amenuisé, notamment parce que l'Etat favorise les compétences sur l'âge. Et la vacance de six mois après la prise du PLEND n'a pas toujours pu être respectée dans la santé et l'enseignement, selon Mme Hirsch.

Si le PLEND à 58 ans est justifié pour des activités physiques pénibles, la plupart des fonctionnaires ne sont pas dans ce cas, relève le député démocrate-chrétien Philippe Morel. Selon lui, d'autres conditions de travail doivent être proposées à ces employés. Et la possibilité de partir en retraite anticipée à 62 ans demeure.

Référendum incitatif

Selon l'Entente, le Conseil d'Etat partage ce constat d'échec mais n'a pas la même solution. Il a déposé un projet de loi sur la rente-pont AVS: cinq ans maximum en cas d'activité à pénibilité physique et de trois ans pour les autres cas.

Une modification qualifiée de «réformette» par le député libéral Pierre Weiss, qui estime son potentiel d'économies trop faible. De plus, l'incitation au départ anticipé va perdurer ces prochains mois au vu du référendum contre la fusion et l'assainissement des deux principales caisses de pension des fonctionnaires genevois qui génère de l'incertitude.

Conséquence: s'il est maintenu, le système du PLEND va peser sur les finances des caisses de pension et créer un déséquilibre du ratio entre rentiers et cotisants. En outre, l'abrogation du PLEND n'aura toutefois aucune conséquence sur le budget 2013, mais à moyen et long termes, avertit l'Entente. La balle est dans le camp du Grand Conseil. (ats)

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