Canada: L'enfance chaotique du «dépeceur de Montréal»
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CanadaL'enfance chaotique du «dépeceur de Montréal»

Le père du Canadien Luka Rocco Magnotta a raconté vendredi à la barre la jeunesse tourmentée de son fils, accusé d'avoir tué et dépecé un étudiant chinois en mai 2012.

Une ordonnance du tribunal interdit de dévoiler l'identité du père, premier témoin appelé à la barre par la défense dans ce procès en cours depuis fin septembre.

Luka Rocco Magnotta a reconnu avoir tué et dépecé Lin Jun, tourné une vidéo où il profane sa dépouille, et avoir posté le film sur internet. Il a plaidé non-coupable, son avocat faisant valoir qu'il souffre de schizophrénie et de troubles de personnalité qui l'empêchaient de se rendre compte de ses actes ou de leur gravité, et qu'il ne devait pas par conséquent être déclaré pénalement responsable.

Des images inédites de Magnotta et sa victime

Agé de 50 ans, le père de Magnotta souffre lui-même de schizophrénie et s'est présenté au tribunal avec une trousse contenant des antidépresseurs et des antipsychotiques. Face aux magistrats et au jury, le père, visible seulement de dos, a raconté l'enfance chaotique de l'accusé, qui a gardé les yeux baissés dans le box vitré.

Deux ans d'école

La mère de Magnotta, Anna, avait 16 ans lorsqu'elle est tombée enceinte, alors qu'il n'en avait que 17, a raconté le père. Sa belle-famille ne lui a jamais pardonné cette situation, surtout sa belle-mère. A la naissance, ils sont donc allés vivre chez ses parents dans la banlieue de Toronto, a raconté le témoin.

Le père de l'accusé a raconté s'être marié «vers 1981» et avoir eu deux autres enfants avec Anna, Conrad et Melissa. Il a décrit sa femme comme une «fanatique» qui avait insisté pour éduquer ses enfants à la maison, même si «elle n'était pas bonne pour ça». Magnotta n'a fréquenté l'école que deux années, alors qu'il avait plus de dix ans.

Magnotta était un enfant «isolé, il n'avait pas d'amis, ne se liait avec personne», a-t-il expliqué.

Schizophrénie

Le couple, qui a multiplié les déménagements dans le sud de l'Ontario (est), a rapidement sombré dans l'alcool et a finalement divorcé au milieu des années 1990. Luka Rocco Magnotta est alors allé vivre avec sa mère chez sa grand-mère, qui le «maltraitait», a-t-il affirmé.

Le père a ensuite été diagnostiqué schizophrène après avoir cessé de boire: «J'entendais des voix, j'avais des idées suicidaires, j'étais fâché».

Précédemment, l'accusation avait fait entendre 48 témoins, dont certains ont décortiqué méticuleusement des éléments permettant de comprendre comment, selon la partie civile, Magnotta avait planifié et prémédité le crime depuis au moins six mois.

(afp)

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