L'enquête «Diana» continue à Paris

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L'enquête «Diana» continue à Paris

Un jury populaire britannique et un magistrat anglais ont visité lundi à Paris le site de l'accident qui a coûté la vie le 31 août 1997 à la princesse Diana et son compagnon Dodi al Fayed pour refaire leur dernier voyage.

Les jurés et Scott Baker, qui dirige l'enquête du jury, ont cheminé à bord de trois bus spéciaux entre l'hôtel Ritz, situé place Vendôme, où Dodi et Diana avaient passé leurs dernières heures et le tunnel de l'Alma, près de la Tour eiffel, où la berline conduite par un chauffeur s'était encastrée dans un pilier.

Sous les regards de centaines de journalistes et de curieux, ils sont ensuite descendus à pied dans le tunnel, dans un secteur bouclé par un très important dispositif de sécurité.

Complot

Le jury devait refaire le parcours dans la soirée pour retrouver les mêmes conditions que lors de l'accident de 1997. Mardi, ils consacreront la journée à d'autres visites, encore à l'hôtel Ritz et vers l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, où Diana est morte.

Cette enquête pénale a été engagée la semaine dernière à Londres à la demande de Mohamed al Fayed, homme d'affaires milliardaire et père de Dodi. Le père du défunt soutient que le couple a été victime d'un complot mené par les services secrets britanniques et ourdi par le prince Philip, époux de la reine Elizabeth. Il s'agissait, avance-t-il, d'empêcher un hypothétique mariage entre Dodi et Diana.

La justice française a déjà rejeté cette thèse en 1999, de même que Scotland Yard dans un rapport remis l'an dernier. Toutes deux ont conclu à un accident de la circulation.

Alcool et vitesse

Aucun élément n'est jamais venu contredire les conclusions rendues en septembre 1999 par deux juges d'instruction français qui ont fait travailler trente policiers de la brigade criminelle et fait interroger 150 témoins.

Un non-lieu général avait alors été rendu au bénéfice de neuf photographes et d'un motard de presse mis en examen pour «homicides involontaires et non-assistance à personnes en danger». L'enquête a établi qu'ils n'avaient joué aucun rôle dans la fausse manoeuvre de la voiture qu'ils suivaient, et aucune responsabilité après l'accident.

L'accident est imputable à l'état d'ébriété du chauffeur (1,7 gramme d'alcool par litre de sang), aux antidépresseurs qu'il prenait et surtout à la vitesse de la berline qu'il conduisait sans permis adéquat. Les conclusions des juges ont été confirmées en 2000 en appel et la Cour de cassation a rejeté les derniers pourvois en 2002.

Le transport de justice de lundi a donné lieu à d'importantes tractations entre les autorités françaises et britanniques. A la fin de cette nouvelle enquête, qui devrait prendre environ six mois, la facture pour les contribuables britanniques pourrait atteindre presque 15 millions d'euros.

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