Crash d'Air Algerie: L'enquête révèle des erreurs «accablantes»
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Crash d'Air AlgerieL'enquête révèle des erreurs «accablantes»

L'enquête judiciaire sur l'accident de l'avion d'Air Algérie qui avait fait 116 morts en juillet 2014, au Mali, a révélé bon nombre d'erreurs.

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03.07 L'avocat des victimes a estimé que l'enquête judiciaire révélait des dysfonctionnement accablants pour la compagnie aérienne.

03.07 L'avocat des victimes a estimé que l'enquête judiciaire révélait des dysfonctionnement accablants pour la compagnie aérienne.

Keystone
04.09 Un jeune homme de 19 ans a été condamné jeudi à quatre mois de prison avec sursis pour avoir cambriolé la maison de toute une famille, tuée le 24 juillet dans le crash de l'avion d'Air Algérie au Mali.

04.09 Un jeune homme de 19 ans a été condamné jeudi à quatre mois de prison avec sursis pour avoir cambriolé la maison de toute une famille, tuée le 24 juillet dans le crash de l'avion d'Air Algérie au Mali.

AFP/-
07.08 Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), chargé de l'enquête technique sur le crash, a annoncé jeudi que la bande magnétique était «un peu endommagée» et que les enregistrements des conversations de l'équipage du vol AH5017 étaient pour le moment «inexploitables».

07.08 Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA), chargé de l'enquête technique sur le crash, a annoncé jeudi que la bande magnétique était «un peu endommagée» et que les enregistrements des conversations de l'équipage du vol AH5017 étaient pour le moment «inexploitables».

AFP/sia Kambou

Les dysfonctionnements révélés par l'enquête sont «accablants» pour la compagnie algérienne et Swiftair, auprès de qui l'avion avait été affrété, a déclaré vendredi à l'AFP un avocat de victimes, Me Bertrand Courtois.

«Il y a eu une succession d'erreurs, de maladresses et d'incompétences qui, à la fin, coûtent cher», a estimé de son côté la présidente de l'association des victimes françaises, AH5017 Ensemble, Sandrine Tricot, contactée par l'AFP.

Les familles des victimes ont été reçues mardi par les juges d'instruction en charge de l'enquête à Paris. «Nous avons été un peu abasourdis», résume Sandrine Tricot.

Le vol Ouagadougou-Alger s'était écrasé le 24 juillet 2014 dans le nord du Mali. Le McDonnell 83, affrété par Air Algérie auprès de la compagnie espagnole de leasing Swiftair, transportait 110 passagers, dont 54 Français, des Burkinabés, des Libanais, des Algériens et six membres d'équipage, tous Espagnols.

La cause principale de l'accident, déjà révélée par le Bureau français d'enquêtes et analyses (BEA), réside dans la non-activation par les pilotes du système d'antigivre des moteurs, ce qui a pu provoquer le décrochage de l'avion.

Les familles ont aussi appris que le pilote a tenté de maîtriser l'inclinaison de l'avion en tirant le manche vers lui, alors qu'il aurait dû le pousser en avant, explique la présidente de l'association.

Nombreuses questions

D'autres éléments troublent les familles des victimes: si le pilote et le copilote avaient respectivement 12'000 et 7000 heures de vol à leur actif, tous deux étaient des saisonniers, exerçant ce métier durant six mois de l'année, et ils n'avaient volé qu'une fois en Afrique.

«Il s'agit pourtant d'une zone où la météorologie est difficile», estime Bertrand Courtois, qui représente les proches de 52 victimes, dont 47 françaises.

Autre question aux yeux des victimes: pourquoi n'y avait-il pas à Ouagadougou de personnel au sol spécialisé dans les avions McDonnell Douglas, ce qui a ajouté une charge de travail à l'équipage, selon la présidente de l'association.

«Pourquoi le plan de vol a changé avant le décollage ?», demande aussi Sandrine Tricot.

L'avocat demande «une pleine coopération de l'Algérie et d'Air Algérie, qui n'est pas acquise aujourd'hui». Selon la présidente de l'association de victimes, «les juges n'ont même pas encore pu récupérer le contrat qui lie Air Algérie et Swiftair». (afp)

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