Actualisé 15.06.2010 à 12:04

Affaire Kadhafi

L'enquête sur la fuite des photos patine

L'enquête de la justice genevoise pour démasquer l'auteur de la fuite qui a permis à la «Tribune de Genève» de publier les photos d'identité judiciaire d'Hannibal Kadhafi peine à avancer.

Le Ministère public genevois peine à faire la lumière sur l'évènement qui ralenti le processus de retour des deux otages détenus en Libye. La publication des photos d'identification judiciaire d'Hannibal Kadhafi par la «Tribune» en septembre 2009 avait en effet provoqué l'ire de Tripoli. Ainsi, aucune inculpation n'a été prononcée pour le moment dans le cadre de l'enquête pénale.

La juge genevoise Alix Francotte Conus doit encore mener certains actes d'instruction. «Je dois notamment auditionner Pierre Ruetschi, le rédacteur en chef de la Tribune de Genève», a fait savoir mardi la magistrate, confirmant une information révélée par «Le Temps».

Dans cette affaire, l'essentiel du travail d'instruction a été effectué. «J'ai interrogé les personnes que je voulais interroger et procédé à des recherches informatiques», a-t-elle déclaré. Si ses ultimes investigations conduisent à une impasse, la juge transmettra alors le dossier au Ministère public.

Classement ou complément d'enquête

Le procureur général de Genève Daniel Zappelli aura le choix entre classer l'affaire ou la renvoyer à Mme Francotte Conus pour qu'elle procède à un complément d'enquête dans l'espoir qu'elle découvre finalement l'auteur de la fuite.

Hasard du calendrier, une motion du Mouvement citoyens genevois (MCG) demandant qu'Hannibal Kadhafi soit déclaré persona non grata à Genève va être discutée au Grand Conseil vendredi soir. Déposé en août 2009, le texte ne sera examiné qu'en cette fin de semaine car les élus ont toujours refusé de le traiter en urgence.

Débat à huis clos

Le bureau du parlement va requérir le huis clos lors des débats sur la motion. Il a estimé qu'il y avait déjà eu suffisamment de maladresses dans ce dossier et veut éviter que des insultes soient proférées publiquement contre la Libye lors des discussions, a fait savoir le président du Grand Conseil genevois Guy Mettan.

«Je me suis engagé à ne pas tenir des propos contraires à l'honneur, mais le bureau n'a rien voulu savoir», a regretté le président du MCG Eric Stauffer. Le député est persuadé qu'Hannibal Kadhafi reviendra sur les bords du Léman si le Tribunal arbitral chargé d'examiner les conditions de l'arrestation du fils du leader libyen à Genève en été 2008 donne tort à la Suisse: «Ceci ne serait juste pas acceptable».

Outre l'interdiction faite à Hannibal Kadhafi de séjourner à Genève, le texte du MCG demande au canton de Genève d'intervenir à Berne pour que la sanction frappant le fils du colonel Kadhafi soit appliquée au niveau suisse.

(ap)

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