Iran: L'enrichissement d'uranium a débuté à Fordo
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IranL'enrichissement d'uranium a débuté à Fordo

Les activités d'enrichissement d'uranium ont commencé dans le nouveau site de Fordo. Ces activités sont engagées sous la supervision de l'AIEA.

Il s'agit de la première annonce par Téhéran d'opérations d'enrichissement à Fordo, situé à 150 km au sud-ouest de Téhéran et enfoui sous une montagne, ce qui rend toute attaque contre ce site difficile.

«Toutes les activités nucléaires, notamment l'enrichissement d'uranium à Natanz et à Fordo, sont supervisées par l'Agence internationale de l'énergie atomique», a déclaré M. Soltanieh à la chaîne de télévision iranienne en langue arabe Al-Alam.

L'AEIA confirme l'enrichissement

Un diplomate en poste à l'AIEA a confirmé ces activités d'enrichissement répondu, précisant que l'uranium y était «enrichi à 20%. Un diplomate occidental au siège de l'AIEA a ajouté sous couvert de l'anonymat: «Cette dernière provocation ne fait que renforcer les inquiétudes de la communauté internationale».

Samedi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Fereydoun Abbassi Davani, avait annoncé la prochaine inauguration du site de Fordo.

«Le site d'enrichissement de Fordo sera inauguré prochainement et nous avons la capacité d'y faire de l'enrichissement d'uranium à 20%, à 3,5% et à 4%», avait-il déclaré. L'Iran assure que l'enrichissement à 20% est destiné à produire du combustible pour le réacteur de recherche de Téhéran.

L'enrichissement d'uranium est au coeur du conflit opposant depuis plusieurs années l'Iran à la communauté internationale, qui craint que le programme nucléaire iranien n'ait des objectifs militaires en dépit des dénégations répétées de Téhéran.

L'Iran ne cédera pas

L'usage, civil ou militaire, de l'uranium dépend de son degré d'enrichissement. Il doit être très fortement enrichi pour permettre le développement d'un programme d'armement. L'uranium enrichi à moins de 20% est utilisé uniquement à des fins civiles mais si l'enrichissement est poussé à plus de 90%, il peut servir à fabriquer l'arme atomique.

Le Conseil de sécurité a déjà voté six résolutions, dont quatre assorties de sanctions, pour contraindre la République islamique à suspendre ses activités d'enrichissement.

L'Iran ne cédera pas aux pressions exercées par les pays occidentaux au sujet de son programme nucléaire, a déclaré lundi l'ayatollah Ali Khamenei.

«La nation iranienne croit en ses dirigeants (...) Les sanctions imposées à l'Iran par nos ennemis n'auront aucun impact sur notre nation», a affirmé l'ayatollah dans un discours diffusé par la télévision publique. «Les sanctions n'altéreront pas la détermination de notre nation», a-t-il ajouté.

Ahmadinejad au Venezuela

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a entamé lundi au Venezuela une tournée en Amérique latine pour tenter d'y rallier des soutiens au moment où s'accentuent les tensions diplomatiques autour de son programme nucléaire.

M. Ahmadinejad est arrivé dimanche à Caracas, première étape de cette tournée de cinq jours qui doit également le conduire au Nicaragua, à Cuba puis en Equateur, pays réputés hostiles aux Etats- Unis.

L'objectif de ce déplacement est de renforcer les relations entre la République islamique et ces pays alors que les puissances occidentales accentuent la pression sur l'Iran pour qu'il renonce à son programme nucléaire civil, soupçonné d'être destiné à fabriquer clandestinement l'arme atomique.

Le président iranien est accompagné dans son périple par une importante délégation ministérielle: Ali Akbar Salehi (Affaires étrangères), Shamseddine Hosseini (Economie), Mehdi Ghazanfari (Industrie, commerce et mines)si et Majid Namjou (Energie).

M. Ahmadinejad avait annoncé à son départ qu'il allait inaugurer plusieurs projets et signer de nouveaux contrats avec chacun des pays figurant au programme de sa tournée.

Cette tournée régionale intervient en marge d'un regain de tension entre Washington et Téhéran, notamment après les menaces iraniennes de fermer le détroit stratégique d'Ormuz, par où transite environ 35% du trafic pétrolier maritime mondial.

Ces menaces ont suivi la promulgation fin décembre par le président américain Barack Obama d'une loi renforçant les sanctions contre le secteur financier de l'Iran. De son côté, l'Union européenne envisage aussi d'interdire fin janvier l'achat de pétrole iranien.

Iran et Venezuela unis pour freiner l'impérialisme

Le Venezuela et l'Iran continueront de travailler ensemble pour «freiner la folie impérialiste», a assuré lundi le président vénézuélien Hugo Chavez en recevant à Caracas son «frère» iranien, Mahmoud Ahmadinejad, en tournée dans la région.

«Il y a la volonté de continuer à travailler ensemble (...) pour freiner la folie impérialiste qui aujourd'hui se développe comme jamais auparavant et avec une force terrible, menaçante», a déclaré M. Chavez dans la cour du palais présidentiel de Miraflores où le président iranien a été reçu avec les honneurs militaires.

«Aujourd'hui, le peuple vénézuélien et le peuple iranien sont sur le chemin de la lutte contre tout l'égoïsme et toute l'arrogance de l'impérialisme», a affirmé de son côté M. Ahmadinejad pendant la cérémonie, retransmise à la radio et la télévision.

MM. Chavez et Ahmadinejad, qui ont renforcé leurs relations ces dernières années en même temps que leur hostilité commune envers les Etats-Unis, se sont salués comme des «frères» avant d'entamer une réunion au cours de laquelle ils doivent signer des accords bilatéraux.

Le président iranien est arrivé dimanche au Venezuela, première étape de sa tournée régionale des présidents de la gauche radicale, qui le mènera ensuite au Nicaragua, à Cuba et en Equateur.

Le Venezuela et l'Iran, membres de l'Opep (Organisation des pays exportateurs de pétrole), ont des accords économiques pour un montant d'environ cinq milliards de dollars et ont convenu de produire au Venezuela du ciment, des satellites, des aliments, des tracteurs et des bicyclettes, essentiellement.

Washington mécontent

Dans ce contexte, le voyage de M. Ahmadinejad est vu d'un mauvais oeil par Washington, et le département d'Etat a appelé vendredi les pays d'Amérique latine à ne pas «renforcer leurs liens» avec l'Iran, considéré comme étant en «quête désespérée d'alliés».

Le Venezuela, le Nicaragua, l'Equateur et Cuba, pays où la gauche radicale est au pouvoir, se sont rapprochés ces dernières années de l'Iran, particulièrement le Venezuela, dont le président Chavez s'est rendu à neuf reprises à Téhéran en 13 ans de pouvoir.

Entre Caracas et Washington, qui entretiennent des relations bilatérales très limitées, la situation s'est aussi crispée ces derniers jours après que les Etats-Unis eurent déclaré persona non grata le consul vénézuélien à Miami et ordonné son expulsion du pays.

Livia Acosta Noguera avait été récemment présentée dans un documentaire de la chaîne hispanophone «Univision» comme complice du présumé projet iranien d'attentats aux Etats-Unis en 2007, ce que le département d'Etat avait jugé «très troublant» en décembre.

Les pays d'Amérique latine doivent exiger des comptes à Téhéran

Les pays d'Amérique latine dans lesquels va se rendre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad au cours des prochains jours doivent exiger de lui qu'il rende des comptes sur son programme nucléaire controversé, a estimé lundi la porte-parole de la diplomatie américaine.

«Nous demandons à tous ces pays qu'ils fassent tout leur possible pour rappeler au régime iranien que le chemin emprunté dans son dialogue nucléaire avec la communauté internationale est le mauvais», a indiqué Victoria Nuland.

Le président du Venezuela, Hugo Chavez, a reçu lundi à Caracas son homologue iranien, qui a prévu de se rendre ensuite au Nicaragua, à Cuba et en Equateur, pays réputés hostiles aux Etats-Unis.

«Franchement, nous pensons qu'il en va de l'intérêt de tous les pays, y compris de ceux qu'il (le président iranien) est en train de visiter en Amérique latine, que l'Iran démontre le caractère pacifique de son programme nucléaire», a ajouté la porte-parole au cours de son point de presse quotidien.

(ats)

Paris condamne une «violation grave» du droit international

La France condamne «avec la plus grande fermeté» le lancement d'opérations d'enrichissement d'uraninium dans l'usine iranienne de Fordo, jugeant qu'il s'agit d'une «violation particulièrement grave» du droit international, a déclaré lundi le ministère des Affaires étrangères.

«Cette nouvelle provocation ne nous laisse pas d'autre choix que de renforcer les sanctions internationales et d'adopter, avec nos partenaires européens et tous les pays volontaires, des mesures d'une ampleur et d'une sévérité sans précédent», a ajouté le porte-parole adjoint du ministère, Romain Nadal, dans une déclaration.

Les Etats-unis redoutent une nouvelle «escalade»

Les Etats-Unis redoutent une «nouvelle escalade» après la découverte en Iran par l'AIEA d'une unité de production controversée d'uranium enrichi à 20% sur son site de Fordo, enfouie sous une montagne et difficile à attaquer.

«S'ils (les Iraniens) sont en train d'enrichir à Fordo à 20%, c'est une nouvelle escalade dans la violation de leurs obligations en matière de nucléaire», a déclaré la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland.

«Nous appelons une fois de plus l'Iran à suspendre les activités d'enrichissement de l'uranium, à coopérer pleinement avec l'AIEA et à se conformer à toutes les résolutions du Conseil de sécurité» et de l'AIEA, a ajouté la porte-parole.

Londres dénonce «l'acte de provocation» de l'Iran

Le Royaume-Uni a qualifié lundi de «provocation» la «décision de l'Iran de commencer» la production controversée d'uranium enrichi sur un site enfoui sous une montagne et difficile à attaquer.

«Je suis extrêmement déçu de la décision de l'Iran de commencer les opérations d'enrichissement à son usine de Qom», a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, dans un communiqué.

«Au moment où la communauté internationale demande à l'Iran de fournir des assurances sur la nature pacifique de son programme, il s'agit d'un acte de provocation qui ébranle les affirmations iraniennes selon lesquelles son programme est entièrement civil», a-t-il ajouté.

«La taille, le lieu et la nature clandestine (du site) posent de sérieuses questions sur le but ultime» de l'Iran, a poursuivi M. Hague, estimant que Téhéran ne pouvait pas donner de «raisons crédibles pour justifier la production d'uranium enrichi à 20%».

Un pas de plus vers l'escalade

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle considère que l'enrichissement d'uranium par l'Iran sur son site de Fordo représente un pas supplémentaire dans l'escalade de la crise entre la communauté internationale et Téhéran, a indiqué lundi un porte-parole.

«Selon M. Westerwelle, le début de l'enrichissement d'uranium à 20% dans la centrale nucléaire souterraine de Fordo est un pas supplémentaire dans l'escalade», a-t-on expliqué.«Aussi longtemps que l'Iran ne bougera pas, il n'y aura pas d'alternative à des sanctions dures», a ajouté le porte-parole du chef de la diplomatie allemande.

Il a expliqué que M. Westerwelle est «confiant» quant à l'adoption de nouvelles sanctions le 30 juin lors du prochain conseil des ministres européens des Affaires étrangères.

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