Actualisé 24.02.2016 à 17:22

Marseille (F)L'enseignant juif «agressé» aurait fabulé

«Attaqué» par trois individus partisans de Daech le 18 novembre, un professeur d'histoire d'une école juive a été placé en garde à vue. Il aurait tout inventé.

par
joc

Tzion Saadoun a-t-il inventé son agression? Ce professeur d'histoire d'une école juive de Marseille est actuellement interrogé par les fonctionnaires de police de la sûreté départementale dans le cadre d'une enquête pour «dénonciation mensongère», rapporte «La Provence». «Les blessures font un peu rigoler si l'on peut dire, et ensuite les constatations médico-légales qui ont été effectuées ne collent pas à ce qu'il raconte, tout comme d'autres examens qui ont été réalisés au cours de ces semaines d'investigations», a témoigné une source proche du dossier.

L'agression supposée de Tzion Saadoun était survenue le 18 novembre 2015, cinq jours après les attentats de Paris. L'enseignant juif avait raconté avoir été blessé à coups de couteau par trois hommes qui se déplaçaient en scooter. Les agresseurs avaient ensuite proféré des propos antisémites. Le jour même, le professeur avait livré un témoignage effrayant, rappelle Metronews: «Ils m'ont demandé si j'étais juif ou musulman. Je leur ai répondu que j'étais juif. Après, ils ont sauté sur moi, ils m'ont dit clairement qu'ils vont me faire souffrir puis ensuite m'achever. Puis ils m'ont mis à terre», avait-il raconté.

Soutien de la classe politique

Saadoun avait ajouté que ses agresseurs lui avaient montré une photo de Mohamed Merah et qu'un des individus portait sous son manteau un T-shirt montrant le drapeau de Daech. «Ils ont commencé à taillader mes habits avec des couteaux, mon corps, pendant qu'un troisième se tenait un peu plus loin en train de filmer la scène», avait-il décrit. C'est l'arrivée d'un autre véhicule qui avait sauvé la vie de l'enseignant, selon ses dires. «Ils m'ont un peu roué de coups, puis ils sont repartis aussitôt», avait-il confié. L'agression, n'avait pas engagé le pronostic vital de l'enseignant. L'homme s'était largement exprimé dans les médias, montrant ses blessures et répétant inlassablement son témoignage.

De très importants moyens policiers avaient été déployés pour retrouver les auteurs de l'attaque. François Hollande avait réagi à cette agression, appelant à une réaction «terrible, impitoyable même». Toute la classe politique avait apporté son soutien au quinquagénaire. Mais trois mois après les faits, les enquêteurs n'auraient rien sur les agresseurs supposés et ne disposeraient d'aucune preuve pouvant confirmer le témoignage de l'enseignant. En décembre dernier, un autre enseignant avait affirmé avoir été victime d'une agression au cutter dans sa salle de classe à Aubervilliers. Il avait ensuite avoué avoir «tout inventé».

Le témoignage du prof juste après l'agression

L'enseignant juif agressé à Marseille témoigne

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