Valais: L'entente secrète sur le prix de la récolte a filtré
Actualisé

ValaisL'entente secrète sur le prix de la récolte a filtré

Plusieurs sociétés avaient fixé des tarifs pour 2011. «Des prix minimums», se défendent-elles.

par
Yannick Weber
La récolte de raisin en 2011 avait atteint des volumes élevés.

La récolte de raisin en 2011 avait atteint des volumes élevés.

Keystone

Une «conspiration.» C'est le terme utilisé par la «SonntagsZeitung» pour décrire une réunion entre les représentants de six sociétés actives dans le marché du vin valaisan. Le rendez-vous s'est tenu en septembre 2012 à Martigny (VS). Y étaient présentes les entreprises Provins, Orsat, Giroud, Germanier, Taillefer et Schenk, qui à elles seules produisent la moitié des volumes de vin dans le canton.

Le but? S'accorder et fixer un prix à payer aux viticulteurs pour les récoltes de fendant et de pinot noir des vendanges 2011. «Il s'agissait de prix minimums, pour aider les viticulteurs et les protéger contre les bas prix», affirme au journal dominical Jean-Bernard Rouvinez, qui présidait la réunion. Plusieurs d'entre eux contestent cette affirmation en mentionnant des tarifs déjà bas. «La pression sur les prix continue», selon l'un d'eux, cité par le journal alémanique.

Eviter un cartel

Un autre volet de l'accord voulait aussi fixer celui du litre revendu ensuite aux grossistes. D'après la «Sonntags­Zeitung», seul Dominique Giroud n'a pas signé la «convention sur l'honneur» proposée, ce que nous a confirmé hier Marc Comina, son chargé de communication. Selon lui, Giroud s'est également opposé à la mise en place d'un cartel sur la revente aux grossistes, bloquant ainsi la réalisation du projet. A l'inverse, l'accord sur le prix payé aux viticulteurs a été avalisé par les cinq autres acteurs.

La Commission de la concurrence a été informée des tractations entre ces sociétés seulement à la fin de l'année 2017. Elle n'a pas pu ouvrir une enquête, les faits pouvant être reprochés étant prescrits après cinq ans. «Il existe une surveillance du marché du vin», remarque-t-elle néanmoins.

Ton opinion