Armée suisse: «L'entraînement ressemble à un camp de scouts»
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Armée suisse«L'entraînement ressemble à un camp de scouts»

L'exercice de l'armée suisse simulant une attaque de la France est devenu la risée des médias étrangers. Il est, par contre, soutenu par la plupart de nos politiciens.

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lüs/ofu

Dans le cadre de l'exercice 2013 des brigades blindées de Suisse romande, qui s'est déroulé du 26 au 28 août, l'armée suisse a imaginé une attaque de la France contre la Confédération. L'information, révélée par Le Matin Dimanche, a été relayée par de multiples médias étrangers (voir diaporama).

Si la plupart des journaux se moquent de cette simulation, la grande majorité des politiciens défendent l'entraînement. «La situation sociale en France est en train de se détériorer. C'est un fait. L'armée suisse doit prendre en compte des situations qui sont inimaginables aujourd'hui», estime le conseiller national Hans Fehr (UDC/ZH). Même son de cloche auprès de Christian Wasserfallen (PLR/BE) qui affirme que la polémique qu'a suscité cette «attaque» est «complètement exagérée»: «Les exercices de l'armée doivent être réalistes, ça ne sert à rien d'inventer des scénarios complètement irréels.» Interrogé par «Le Matin Dimanche», le brigadier Daniel Berger a souligné que l'entraînement n'avait «rien à avoir avec la France».

Pour le Vert'libéral Martin Bäumle, les responsables de l'armée ont fait preuve d'un peu trop de fantaisie: «L'entraînement ressemble à un camp de scouts.» Le Zurichois relativise néanmoins en affirmant qu'il était légitime de simuler ce genre d'attaque. «Mais il aurait été plus malin de prendre un nom d'État fictif», estime-t-il.

Effectif stable, mais toujours trop peu d'officiers en Suisse

L'effectif de l'armée suisse reste stable. Les sureffectifs résultant du passage d'Armée 95 à Armée XXI sont résorbés, mais la structure actuelle de la troupe ne pourra plus être alimentée en suffisance à moyen et long terme, constatent les services du Personnel de l'armée. Entre mars 2012 et mars 2013, 20'235 personnes ont été incorporées dans l'armée, laquelle a enregistré durant la même période 22'134 départs. Le bilan des effectifs diminue ainsi de 1899 militaires, à 184'244 hommes. Fixé à 183'536, l'effectif réglementaire minimum est ainsi respecté, note le Département fédéral de la défense (DDPS) lundi dans un communiqué. La situation est cependant différente selon qu'il s'agit de formations actives ou de réserve. Pour les premières, le renouvellement est «très bien» assuré, à 127%, alors que pour les secondes, il n'atteint que 55%, précise le DDPS.

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