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GolfL'envers du décor du golf professionnel

A Crans, sur les 156 inscrits de l'European Masters, pas tous vivent la grande vie. C'est même parfois compliqué de s'en sortir, comme pour le Genevois Raphaël De Sousa.

par
J.-Ph. Pressl-Wenger
Crans-Montana
«Une chose est certaine, à mon niveau on ne gagne pas sa vie comme golfeur», assume De Sousa.

«Une chose est certaine, à mon niveau on ne gagne pas sa vie comme golfeur», assume De Sousa.

A 31 ans, le Genevois pointe au 1562e rang mondial (242e sur le Challenge Tour). A 16 ans, alors qu'il avait intégré l'équipe de Suisse, il a fait le choix de devenir golfeur professionnel. Cela fait 10 ans qu'il vit la vie qu'il a choisi. «J'ai arrêté l'école assez vite, s'est souvenu le pro de Cologny. On commence par rater quelques cours, puis de plus en plus. Et finslement on se lance.»

A Crans-Montana, son tournoi ne s'est pas passé comme prévu, il a manqué le cut après les deux premiers tours. «Je suis forcément déçu d'avoir joué 72 et 73 (ndlr: par à 70). Il m'a manqué de la régularité, regrette-t-il. Je n'ai pas réussi à limiter ces mauvais coups qui m'ont coûté cher au final. Dans ma situation, passer le cut ici représentait une belle chance que j'aurais dû saisir. C'est énervant, mais je dois continuer et regarder vers l'avant.» Raphaël De Sousa va se préparer au mieux pour le Swiss PGA matchplay qui arrive rapidement et pour le nouveau tournoi appelé «The Match». Ensuite ce seront les tournois pour les cartes européennes.

Financièrement impossible

A la fin de la saison dernière, après 10 ans de professionnalisme, le Genevois s'est posé la question de savoir s'il voulait continuer ou pas. Se lancer dans l'enseignement du golf l'aurait éventuellement tenté, mais il n'était pas prêt à abandonner son rêve. «Finalement, je me suis rendu compte que j'avais encore des objectifs à atteindre, tente de se convaincre De Sousa. J'ai changé de coach il y a peu et j'espère encore progresser avec lui.»

La vie sur les tournoi challenger ne nourrissent pas vraiment son homme lorsque les résultats peinent à suivre. «Une chose est certaine, à mon niveau on ne gagne pas sa vie comme golfeur, assume De Sousa. J'ai la chance de pouvoir compter sur un sponsor, MKS, qui couvre mes frais. Mes gains en tournoi constituent mon salaire et même si ce n'est pas énorme, j'ai pleinement conscience de vivre une vie de privilégié.» Reste à retrouver les qualités qui avaient fait de lui un des 400 meilleurs joueurs de la planète en 2008.

La Ryder Cup et les JO 2016

Deux événements majeurs du golf vont se dérouler. La Ryder Cup, compétition mythique mettant aux prises les meilleurs golfeurs européens et les cracks américains. Dans trois semaines, elle se déroulera à Gleneagles en Ecosse. De Sousa, lui, la suivra à la télévision. «Malgré tout, je fais partie de ce monde-là. Et n'oublions pas qu'en golf, tout peut aller très vite dans un sens comme dans l'autre», ajoute-t-il.

Pour ce qui est des Jeux olympiques, qui accueillent à nouveau le golf à Rio en 2016, la donne est compliquée. «Le système de qualification exige un certain classement au niveau mondial. Actuellement je ne l'ai pas, avoue le Genevois. Et imaginer obtenir ce classement, c'est quelque chose de difficile à envisager aujourd'hui.» Seuls les 60 meilleurs mondiaux prendront part aux joutes olympiques au Brésil. Le chemin semble long, mais comme l'âge n'est pas un problème, Raphaël De Sousa peut encore entamer une remontée qui, ne sait-on jamais, pourrait l'amener à rêver des JO de Tokyo en 2020.

Un «hole-in-one»

Le troisième tour de l'Omega European Masters a été agrémenté d'un «hole-in-one» (trou en un coup). Cette prouesse a été l'oeuvre de l'Anglais Graeme Storm sur le trou no 11, un par 3 de 198 mètres.

Outre la satisfaction d'avoir réussi le coup parfait, le joueur de 36 ans a décroché le prix spécial prévu pour un tel exploit sur le trou no 11: un coupé sport d'une valeur de 173'000 francs.

Cela faisait 14 ans qu'aucun golfeur n'avait réussi un «hole-in-one» sur le trou no 11 lors du tournoi valaisan. Le dernier à y être parvenu était John Mellor, déjà un Anglais.

Sur l'ensemble du parcours, 16 «hole-in-one» ont été enregistrés au cours des trente dernières éditions. (sda)

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