Vaud: L'EPFL espère inventer les musées de demain
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VaudL'EPFL espère inventer les musées de demain

Dans un bâtiment inauguré jeudi, l'école polytechnique veut appliquer les avancées technologiques au monde de la culture.

par
Mirko Martino

Pour vanter la découverte d'une ville ou d'un musée, les experts en communication ne parlent désormais plus de visite, mais d'expérience. A travers un tel mot, mélanger culture et technologie devient presque une évidence. C'est en tous cas l'objectif que s'est fixé l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) avec l'inauguration d'ArtLab, jeudi.

Ce nouveau bâtiment, oeuvre de l'architecte japonais Kengo Kuma, veut réunir art et recherche scientifique sous le même toit. «Un des leitmotiv de l'EPFL est le transfert de technologies, c'est-à-dire d'utiliser ce qui s'y invente dans le monde qui nous entoure, explique Luc Meier, responsable des contenus d'ArtLab.» Ce nouvel écrin se destine à appliquer ce principe à l'art et à la culture.

«Comme le patrimoine biologique, les collections d'art ou les archives audiovisuelles génèrent une immense quantité de données complexes, détaille Luc Meier. Face à cette masse d'informations, il y a trois étapes: la numérisation des contenus d'abord, leur mise en forme ensuite et finalement le rendu à un public. Les trois espaces de ce bâtiment sont là pour tester des réponses à ces étapes d'intersection entre art, culture et technologie.»

La première partie d'ArtLab, avec une exposition longue durée sur deux grands projets scientifiques de l'EPFL, est consacrée au big data, cette immensité de données à gérer. La partie centrale du bâtiment est un espace d'expérimentation muséale. Là, cinq laboratoires de l'école et les start-up qui en sont issues tentent, grâce à leurs recherches et à leurs technologies, une approche différente des expositions temporaires qui s'y tiennent.

Enfin, la troisième partie d'ArtLab accueille un Montreux Jazz Café, où une installation bourrée de technologie, le Montreux Jazz Heritage Lab II, permet une immersion complète dans l'un des plus de 5000 concerts enregistré depuis 1967 lors du célèbre festival. «Derrière la numérisation et la conservation de toutes ces archives, il y a beaucoup de technologie, note Thierry Amsallem, président de la Fondation Claude Nobs. Cette mise en valeur est une petite révolution.»

Première expo temporaire

Pour son espace d'expérimentation muséale, l'EPFL a noué un partenariat avec la Fondation Gandur pour l'Art. Celle-ci propose une première exposition provisoire intitulée "Noir, c'est noir?" et consacrée à Pierre Soulages. Les technologies employées pour cette exposition explorent les interactions de la lumière sur les oeuvres de l'artiste français.

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