Actualisé 24.11.2009 à 11:45

SantéL'épidémie du sida recule

Les nouvelles infections ont baissé de 17% en huit ans, a annoncé mardi le Programme commun des Nations unies sur le sida (ONUSIDA).

Le nombre des décès liés au sida a décliné de plus de 10% au cours des cinq dernières années.

Au total, 33,4 millions de personnes vivaient avec le VIH en 2008. L'an dernier, 2,7 millions de nouveaux cas d'infection, dont 1,9 million en Afrique, ont été recensés dans le monde, avec deux millions de décès (1,4 million en Afrique), a précisé ONUSIDA dans son rapport annuel.

«L'épidémie du sida recule, mais reste très sérieuse dans beaucoup de pays», a commenté Paul De Lay, directeur exécutif adjoint d'ONUSIDA, en présentant le rapport annuel de l'organisation à Genève. Il a mis en cause la baisse des financements et l'inadéquation des programmes de prévention face à l'évolution de l'épidémie.

Nombre record de malades

Les effets de la thérapie antirétrovirale et de la croissance démographique font qu'il n'y a jamais eu autant de personnes vivant avec le VIH, soit 33,4 millions de personnes, dont 22,4 millions en Afrique. En 12 ans, quelque 2,9 millions de vies ont pu être sauvées grâce à ces traitements.

La baisse des nouvelles infections est depuis 2001 de près de 15% en Afrique, soit 400 000 infections de moins. En Asie de l'Est, les nouvelles infections ont diminué d'environ 25% et en Asie du sud et du sud-est de 10% en huit ans.

Après une augmentation spectaculaire parmi les consommateurs de drogues, l'épidémie s'est stabilisée en Europe orientale, bien qu'il y ait des indications selon lesquelles les nouvelles infections à VIH repartent à la hausse dans cette région.

Le nombre des décès liés au sida a décliné de plus de 10% au cours des cinq dernières années. Depuis le début de la pandémie, près de 60 millions de personnes ont été infectées par le VIH et 25 millions de personnes sont décédées de causes liées au virus.

Programmes pas à la hauteur

«La bonne nouvelle, c'est que nous avons des preuves que les déclins que nous constatons sont dus, en partie du moins, à la prévention du VIH», a affirmé le directeur exécutif d'ONUSIDA Michel Sidibé, cité dans un communiqué.

«Toutefois, les conclusions nous montrent aussi que les programmes de prévention ne sont souvent pas à la hauteur. Si nous réussissons à faire en sorte que les ressources soient dirigés là où ils auront le plus d'impact, des progrès plus rapides peuvent être faits et davantage de vies sauvées», a-t-il ajouté. Il ne faut pas traiter le sida de manière isolée dans les programmes de santé.

L'épidémie évolue

Le visage de l'épidémie est en train de changer, avertit ONUSIDA. Les activités de prévention ne suivent pas. Par exemple, l'épidémie en Europe orientale et en Asie centrale, caractérisée auparavant par une forte propagation chez les usagers de drogues injectables, se propage désormais aux partenaires sexuels de ces personnes.

De même, dans certaines parties de l'Asie, l'épidémie, autrefois alimentée par une transmission du virus par le biais du commerce du sexe et de la consommation de drogues injectables, affecte de plus en plus les couples hétérosexuels.

Peu de programmes sont destinés en Afrique subsaharienne aux plus de 25 ans, aux couples mariés, aux veufs et divorcés, groupes au sein desquels une prévalence élevée du VIH a été constatée, déplore l'agence spécialisée de l'ONU.

Fonds en baisse

Les fonds consacrés à la prévention du VIH sont en baisse dans certains pays. Par exemple, au Swaziland, à peine 17% du budget total pour le sida ont été dépensés pour la prévention, malgré un taux de prévalence du VIH de 26%. Au Ghana, le budget alloué à la prévention a été coupé de 43% par rapport aux niveaux de 2005, prévient ONUSIDA.

Pour la première fois, le rapport épidémiologique d'ONUSIDA s'accompagne d'un autre rapport «UNAIDS Outlook», présenté comme un magazine. Il examine la manière dont les études sur les «modes de transmission» changent l'approche pour les efforts de prévention.

(ats)

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