Actualisé 23.07.2018 à 14:24

Football à cinqL'équipe de Suisse toute proche de Neymar

Sept Lausannois ont vécu cinq jours de rêve au Brésil. Ils ont atteint les quarts de finale de la «Coupe du monde à cinq».

de
Tim Guillemin

Oui, des Suisses ont atteint les quarts de finale de la Coupe du monde cet été! Ils ne s'appellent pas Yann Sommer ou Xherdan Shaqiri, mais Stevo Gasic, Gentian Bunjaku, Tarek Massoud, Sergio Gomez, Yusef Massoud, Valon Basha et Bleton Basha. Les sept amis sont Lausannois et ils ont atterri lundi soir à Cointrin la tête pleine de souvenirs. Ceux d'une semaine tous frais payés au Brésil à vivre leur rêve de footballeur professionnels.

Ces gars-là sont bien connus des terrains de foot vaudois, jouant de la 1re à la 3e ligue. Stevo Gasic a notamment porté les couleurs d'Yverdon Sport et du FC Le Mont, dans le «vrai football», celui à onze, mais c'est bien leurs aptitudes techniques dans le «five» qui les ont conduit à représenter la Suisse entière cette semaine au «Neymar Jr's Five» à Praia Grande, dans l'état de Sao Paulo.

Le joueur en a profité pour faire une apparition

Car les sept amis ont d'abord gagné les finales vaudoises, à Lausanne, puis le tournoi suisse, à Zurich. «Et là, le rêve a commencé», explique Gentian Bunjaku. L'organisation du tournoi invite en effet les 58 vainqueurs nationaux pour le tableau final et s'occupe de tout. «Ils nous ont payé les vols, les logements, trois repas par jour ainsi que tous les équipements», explique le leader du «Team Suisse». Le tout de mardi dernier à lundi.

«Hors du temps»

«Pendant cinq jours, on a vécu un peu hors du temps, on ne devait se concentrer que sur le football», continue Gentian Bunjaku. Et c'est peu dire que les Lausannois ont fait honneur au maillot, puisqu'ils sont arrivés en quarts de finale. A trois matches près d'avoir l'honneur de jouer contre l'organisateur du tournoi, Neymar Jr lui-même! «On l'a vu, mais on n'a pas pu faire de photos avec lui. Il était là et il a joué contre les vainqueurs, avec ses potes. On aurait adoré ça... En fait, l'équipe qui gagne le tournoi gagne le droit de jouer contre lui et remporte aussi un voyage de quatre jours à Paris pour aller le voir jouer avec le PSG.» L'honneur reviendra au Mexique, cette année, après la Roumanie l'an dernier.

Après un premier match compliqué (défaite 5-0 face au Panama), les Suisses ont laminé la Corée du Sud (4-0), la Tunisie (4-0) et la Suède (4-1), «vengeant» ainsi la troupe de Vladimir Petkovic. «En fait, contre la Suède c'était quitte ou double. C'était le dernier match de la phase de groupes. Si on perdait, on était sûrement éliminés. On a gagné et on a fini premiers du groupe!»

Pas de «malédiction»

En seizièmes, les Maldives n'ont pas fait le poids (5-0), avant un match très serré en huitièmes contre la Bosnie-Herzégovine. La «malédiction des huitièmes» allait-elle frapper aussi l'équipe suisse de foot à cinq? Non! En prolongation, en un contre un, Gentian Bunjaku lui-même s'est occupé de tout avec un dribble diabolique pour une finition dans le but vide (voir vidéo) et... la désormais fameuse célébration dite des «deux aigles» pour couronner cette qualification.

Les quarts de finale ont vu la Suisse être opposée à l'Argentine et là, malheureusement, un sec 3-0 a enterré les espoirs de la «Nati Five». Une défaite que les Lausannois ont eu de la peine à digérer. «Si on gagnait, je suis persuadé qu'on allait au bout. Mais l'arbitre a sifflé un penalty très très litigieux contre nous...», couine Gentian Bunjaku. L'Argentine a marqué et s'est envolée vers les demi avant de battre la Colombie et de perdre contre le Mexique en finale.

Déjà qualifiés

«Le problème, c'est que prendre le premier but est quasiment éliminatoire», explique le capitaine suisse. Pourquoi? Tout simplement parce que dans le «Neymar Jr's Five», l'équipe qui prend un but perd un joueur! Alors non seulement l'Argentine menait 1-0, mais elle jouait à 5 contre 4. Dès le 2-0 marqué, à 5 contre 3. Dès lors, la «remontada» devient mission impossible.

«Alors voilà, on est super heureux de l'expérience, mais aussi un peu frustrés. On voulait aller au bout», commente Gentian Bunjaku, tout de même enchanté des six jours passés au Brésil. Place maintenant au championnat à onze, où il défend les couleurs du FC Vevey Sports, en 1re ligue. «Mais la bonne nouvelle, c'est que vu qu'on a gagné le tournoi suisse, on est qualifiés directement pour la prochaine finale à Zurich! Je ne suis pas sûr de refaire, mais je crois que mes potes sont chauds», rigole le buteur. Pour pouvoir faire un peu plus que voir Neymar, cette fois.

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!