Rio 2016: L'équipe de voile a révisé sa carte des courants
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Rio 2016L'équipe de voile a révisé sa carte des courants

Les marins suisses engagés aux Jeux olympiques ont étudié la baie de Rio dans ses moindres recoins. Ils bénéficient aussi d'un logiciel très utile.

par
Oliver Dufour
Rio de Janeiro
A Rio, les organisateurs ont réparti la baie en sept zones de course, sur lesquelles une bonne connaissance des courants est essentielle.

A Rio, les organisateurs ont réparti la baie en sept zones de course, sur lesquelles une bonne connaissance des courants est essentielle.

photo: Kein Anbieter

Si l'équipe helvétique de voile a visité sept fois le site olympique au large de la Marina da Gloria, c'est qu'une connaissance parfaite des plans d'eau, des vents et courants locaux est primordiale pour réussir de bonnes performances à bord de son embarcation. «Ce n'est pas comme pour des athlètes qui ont moins besoin de temps pour se familiariser avec leur piste», rappelle le Genevois Romuald Hausser, équipier en 470. On navigue dans un cadre sauvage qui demande du temps pour être apprivoisé.»

Pour aider ses navigateurs dans leur tâche, Swiss Sailing a fait appel à Marco Versari. Entraîneur en charge des juniors de l'équipe nationale. Le Tessinois a offert au team olympique ses connaissances en physique en développant un logiciel qui permet de répertorier très précisément le schéma des courants marins de la baie carioca, tout comme un système d'analyse des vents. Arrivé dans l'équipe en 2012, ce physicien de formation n'est toutefois pas présent au Brésil. Il était des précédents déplacements et son travail est désormais terminé.

Maximum mesuré à l'entrée de la baie

«La méthode que j'ai mise au point est comme une sorte d'atlas des marées et courants à disposition des athlètes, explique Marco Versari. Ici on passe du marnage (ndlr: la variation du niveau de hauteur d'une marée) minimum au marnage maximum sur un cycle de deux semaines. Ca nous permet d'établir que les courants seront assez faibles au début des Jeux et plus forts vers la fin (ndlr: quand se déroulent les finales, les «medal races»).»

Ce «mapping», une couverture quadrillée de toute la baie constitue une base très utile pour les équipes de coaches. «On a créé des grilles encore plus fines aux endroits où on en a besoin, ajoute Versari. C'est à l'entrée de la baie, très étroite, qu'on a mesuré les valeurs les plus fortes. Le record est de 3 nœuds (un peu plus de 5km/h).» A titre de comparaison, une rivière modeste génère un courant d'environ 1,5 nœud, soit la moitié. «Les conditions sont assez similaires au lac de Thoune ou au Léman, mais avec du courant fort», ajoute quant à lui Tom Reulein, entraîneur en chef de l'équipe.

«Grosses différences à l'intérieur»

Si l'atlas des courants est de nos jours un outil utilisé par la plupart des équipes présentes, il est devenu vraiment très important depuis plusieurs années. A quelques mètres près, sur certains plans d'eau olympiques de Rio, on peut trouver un courant favorable jouxtant un courant contraire. Ce qui fait qu'un bateau placé au mauvais endroit perdra beaucoup en vitesse par rapport à un concurrent situé non loin de lui. «A l'extérieur de la baie (ndlr: où se trouvent trois des sept sites de course potentiels), le courant est en principe pareil pour tous, explique Nathalie Brugger, équipière fribourgeoise en Nacra 17. Mais c'est vrai qu'à l'intérieur on a de grosses différences.» Il faudra donc bien retenir la cartographie des courants pour les épreuves de voile, qui démarrent lundi.

Twitter: @Oliver_Dufour

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