Actualisé 27.10.2008 à 20:51

Basketball suisseL'équipe nationale en perdition?

Le basketball suisse est actuellement face à une problématique d'envergure avec le manque de confiance dont jouissent les joueurs nationaux.

Rares sont les hommes du coach national Sébastien Roduit à s'épanouir en club et le niveau général de l'équipe de Suisse va en souffrir sous peu.

Plusieurs championnats européens imposent la présence d'autochtones sur le parquet durant les rencontres de championnat local afin de favoriser la progression de l'équipe nationale. Actuellement en manque de cadres, l'équipe de Suisse pourrait profiter d'un tel système. Certaines voix s'élèvent, mais franchir le cap ne semble pas aller de soi pour tout le monde.

Dans les clubs suisses, rares sont les joueurs de l'équipe nationale à endosser de grandes responsabilités. A Fribourg, Wegmann, Vogt et Buscaglia figurent parmi les mieux lotis avec Mafuta (Rhône Hérens), le duo Jaquier/Louissaint (Boncourt), Nicolas Porchet (Monthey), ainsi que Stockalper et Molteni (Lugano). Les autres? Cantonnés à laisser les étrangers s'exprimer. «Actuellement, la situation est très préoccupante», avance d'entrée Sébastien Roduit, le sélectionneur national.

«Dur à mettre en vigueur»

S'il est clairement intéressé par un projet visant à favoriser les Suisses dans les clubs de LNA, une solution aussi radicale qu'imposer deux joueurs à passeport à croix blanche durant 40 minutes sur le parquet serait difficile à mettre en place: «En théorie, c'est plutôt simple, mais dans la pratique ce serait dur à appliquer, poursuit l'ancien entraîneur de Monthey. Il faut penser qui si deux Suisses doivent jouer en permanence, il faut en avoir quatre de qualité dans chaque vestiaire pour assurer la rotation. A-t-on 48 joueurs de ce niveau ?», questionne-t-il rhétoriquement.

Plutôt qu'une réglementation restrictive, Sébastien Roduit verrait une autre solution d'un bon oeil: «Demandons dans un premier temps à chaque formation de LNA de disposer d'une équipe espoirs. Si tous les centres de formation ne verront pas chaque année des stars sortir, certains bons joueurs auront des responsabilités et pourront ainsi progresser dans de bonnes conditions.»

L'argent ne fait pas tout

Cette année, Nyon et Rhône Hérens sont à nouveau ambitieux grâce à des investisseurs privés qui ne lésinent pas sur les moyens. A Nyon notamment, Jean-François Kurz a délié les cordons de la bourse pour que le club de la Salle du Rocher retrouve le haut du classement. «Souvent, cela ne suffit pas de mettre de l'argent, remarque Sébastien Roduit. Ces dix dernières années, les champions de Suisse avaient tous une vision à moyen terme. Une fois que les argentiers en auront marre, dans quel état laisseront-ils le club ?»

Avant son accession au poste de sélectionneur national, Sébastien Roduit a grandi dans le BBC Monthey. «Au moment de la libéralisation des étrangers, c'est le seul club qui a dit non, se souvient-il. Sans vouloir jouer les donneurs de leçons, je pense que c'était la bonne attitude à avoir.»

Le niveau en question

Actuellement, la plupart des équipes multiplient les embauches d'étrangers afin de maintenir un certain niveau. S'il a progressé, le championnat de Suisse de LNA est encore bien loin de pouvoir se faire une place en Europe. «Ceux qui disent que le basket suisse est de qualité ne vont pas souvent à l'étranger voir des rencontres, ironise Sébastien Roduit. Ces mêmes personnes prônent le statu quo afin de garantir une nombre de spectateurs. Il faut arrêter! Hormis Fribourg, Monthey, Boncourt ou peut-être Vacallo, les salles sont très peu fréquentées.»

«Il faut accepter de faire un pas en arrière sur la qualité pour faire vivre le basketball suisse, lance Sébastien Roduit. Je ne pense pas que la réduction du nombre d'étrangers d'une manière ou d'une autre causerait une désertion des spectateurs.» Lorsque la génération des Wegmann, Vogt ou Buscaglia arêtera, l'équipe nationale risque d'avoir des problèmes si rien n'est entrepris actuellement. «Il est important d'avoir cette vision à moyen terme car aujourd'hui la perénnité de l'équipe nationale n'est pas assurée. Je ne parle pas dans 10 ou 15 ans, mais dans trois ans déjà les premier problèmes seront là», conclut Sébastien Roduit.

(si)

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