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Birmanie L'éradication de la drogue prendra du temps

Le gouvernement birman a repoussé de cinq ans la date à laquelle il espère avoir éradiqué la production de drogue sur son territoire, admettant une augmentation des volumes d'opium.

L'augmentation de la culture du pavot inquiète les autorités.

L'augmentation de la culture du pavot inquiète les autorités.

Le pouvoir est «très inquiet» du regain que connaît la culture du pavot ces dernières années, ce qui maintient le pays au 2e rang mondial derrière l'Afghanistan, et du développement des stimulants de type amphétamines (ATS), selon le chef adjoint de la police Zaw Win.

«Consciente des menaces posées par les ATS et les nouvelles substances psycho-actives», l'agence birmane de lutte contre la drogue (CCDAC) «a repoussé à 2019 l'élimination de la drogue», a-t-il déclaré lors d'une réunion régionale consacrée au dossier.

Des responsables de Chine, Laos, Thaïlande, Cambodge et Vietnam se sont retrouvés à Rangoun, avant une réunion ministérielle jeudi dans la capitale Naypyidaw. La Birmanie avait jusqu'à présent promis d'en finir avec la production de drogue en 2014.

La meth en hausse

Zaw Win a estimé qu'il était «clair comme de l'eau de roche que le problème des méthamphétamines augmentait rapidement», évoquant l'implication de «plus en plus d'organisations criminelles».

«La production de drogues interdites et le trafic sont étroitement liés à l'instabilité, l'insécurité et les insurrections dans les zones frontalières qui posent de sérieux défis aux agences d'application de la loi».

Le trafic est particulièrement développé dans le Triangle d'or, à la rencontre des frontières entre Birmanie, Laos, Thaïlande et Chine, où des rebelles contrôlent depuis des années les flux et les ateliers de production.

Les relations se calment

Le régime réformateur birman, en place depuis deux ans, a signé une dizaine de cessez-le-feu, notamment avec les rebelles shans, grands producteurs de méthamphétamines grâce à des laboratoires petits et mobiles. Ces derniers ont également signé avec le gouvernement un accord pour l'éradication de la drogue.

Mais son application est sujet à caution, notait en décembre Gary Lewis, de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (Onudc). Environ 5,9 millions de pilules y ont été saisies en 2011, soit près de trois fois plus qu'en 2010. Des chiffres en deçà de «l'ampleur de la production» birmane. (afp)

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