Mondial 2010: L'Espagne entre «toque» et défense de fer
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Mondial 2010L'Espagne entre «toque» et défense de fer

L'Espagne éblouit par son fameux «toque», jeu à passes courtes fondé sur une grande possession du ballon, mais le cheminement fut aussi rendu possible par le concours d'une défense de combattants rarement prise à défaut.

Mercredi soir contre l'Allemagne (1-0), la Roja a aligné un troisième match d'affilée sans encaisser de but et a ainsi battu son record d'invincibilité dans une Coupe du monde, 313 minutes contre 282 au Mondial 1950.

Elle n'a pour l'instant encaissé que deux buts en Afrique du Sud, lors de la phase de groupes. Le premier a fait très mal, marqué par la Suisse (1-0) contre le cours du jeu sur une contre-attaque éclair conclue par Gelson Fernandes dans une partie de billard. Le second a été sans douleur, inscrit par le milieu chilien Millar (2-1), d'une frappe détournée du genou par Piqué.

Sinon, rien. Il y a pourtant eu du beau monde en face, comme le Portugais Cristiano Ronaldo, Ballon d'Or 2008, en 8e de finale, et l'Allemand Klose, auteur de 14 buts en Coupe du monde, en demi-finale. Mais les efforts de ces derniers ont été annihilés.

Après le match contre le Portugal, le sélectionneur Vicente Del Bosque avait cité les noms de ses défenseurs, auteurs d'un «travail fantastique». A propos du capitaine lusitanien, il avait précisé: «A chaque fois qu'il entrait dans la zone d'un de nos joueurs, nous l'avons rendu inutile».

La défense présente une grande solidarité. Lorsque Piqué a provoqué un penalty pour le Paraguay en quart de finale, Casillas l'a arrêté. Le gardien avait profité des conseils de son remplaçant, Reina, qui connaissait la façon de tirer du Paraguayen Cardozo.

Le capitaine a aussi effectué un double arrêt en toute fin de match contre les Guaranis, puis a sauvé son camp contre l'Allemagne en demi-finale alors que Kroos était seul devant lui. «San Iker», celui qui avait brillé dans les tours à élimination directe de l'Euro 2008, est réapparu.

Devant lui, c'est tout aussi costaud. L'impression de solidité se confirme par les statistiques. Selon un indice de la FIFA (mêlant efficacité sur chaque passe, tacle et geste technique) les meilleurs joueurs du tournoi sont dans l'ordre: Sergio Ramos, Puyol, Piqué et Capdevila. Les quatre défenseurs de la Roja !

Il s'agit d'une histoire ancienne déjà pour cette arrière-garde. Sur le côté gauche, le vétéran Capdevila (32 ans), est un habitué des sélections de jeunes et affectueusement surnommé «Garrincha» ou «Zidane» pour ses capacités techniques... limitées. Mais le défenseur de Villarreal, présent depuis 2002, compense par sa générosité.

A droite, Sergio Ramos, 24 ans seulement et déjà 66 sélections depuis 2005, se montre un infatigable marathonien sur son flanc, titulaire indiscutable depuis son plus jeune âge. «Nous disposons d'un système avec pas mal d'amplitude pour créer les offensives, et j'en bénéficie, si bien que j'ai plus l'air d'un ailier que d'un arrière», remarque-t-il.

Dans l'axe, c'est du FC Barcelone pur jus. Le patron de la défense, c'est Carles Puyol, 32 ans et 89 capes depuis 2000, intraitable, d'un engagement hors du commun. Bon de la tête aussi, comme il l'a montré en marquant contre l'Allemagne le but de la victoire.

Le seul petit nouveau est Piqué, qui éclate depuis deux saisons en Catalogne, au point de déloger de l'axe Marchena, pourtant titulaire à l'Euro-2008. Mais avec son placement impeccable, ce grand gaillard (1,92 m) de 23 ans ressemble déjà à un vieux briscard. (afp)

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