Coronavirus: L'Espagne parie sur la reprise du travail
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CoronavirusL'Espagne parie sur la reprise du travail

Madrid a autorisé les Espagnols à reprendre partiellement, dès ce lundi, le chemin des usines et des chantiers, alors que le nombre de nouveaux cas a atteint un niveau au plus bas depuis le 20 mars.

Dans le métro de Madrid, ce lundi, les travailleurs portaient le masque.

Dans le métro de Madrid, ce lundi, les travailleurs portaient le masque.

Keystone

Une partie des Espagnols ont repris le travail lundi après deux semaines «d'hibernation», alors que le bilan quotidien de la pandémie a baissé à 517 morts et le nombre de nouveaux cas a atteint un plus bas depuis le 20 mars, selon le ministère de la Santé.

Dans les gares, la police et des volontaires ont distribué dix millions de masques pour les employés, essentiellement ceux de l'industrie et de la construction, qui ont repris le travail lundi.

Depuis deux semaines, seules les activités essentielles, comme l'alimentation, la santé et l'énergie, étaient autorisées, afin de donner un coup de frein à la contagion. Celle-ci a ralenti avec 3477 nouveaux cas détectés en un jour, le chiffre le plus bas depuis le 20 mars.

Confinement toujours

Mais les 46,6 millions d'Espagnols restent soumis à un confinement des plus stricts: seuls ceux qui ne peuvent pas travailler de chez eux sont autorisés à se rendre au travail. Les autres ne peuvent sortir que pour s'acheter à manger, aller à la pharmacie ou promener brièvement leur chien.

Le nouveau coronavirus a fait 17'489 morts à ce jour dans le pays le plus endeuillé en Europe après l'Italie. Le nombre de patients qui ont quitté l'hôpital s'élève à 64'727, sur un total de 169'496 cas détectés et les hôpitaux un temps débordés commencent à souffler un peu.

Les autorités de santé estiment que le pic de la crise a été dépassé, depuis les 950 morts enregistrés le 2 avril. Mais le président du gouvernement Pedro Sanchez a averti dimanche les Espagnols qu'ils sont encore «loin de la victoire» sur la maladie Covid-19 et du jour où ils pourront reprendre une vie normale.

La reprise du travail, qui est bien avancée en Chine après la levée des mesures de confinement dans la région où est née la pandémie en décembre, est toutefois loin d'être à l'ordre du jour dans de nombreux autres pays.

En France, le président Emmanuel Macron va, dans une allocution à la télévision, annoncer lundi soir une prolongation du confinement généralisé, au moins jusqu'au 10 mai. Le pays a constaté une légère baisse du nombre de patients en réanimation pour le quatrième jour consécutif, ainsi que du nombre de décès en une journée à l'hôpital (310 morts contre 345 la veille) pour un total de 14'393 morts.

Plus de 112'500 morts

La maladie Covid-19 a déjà tué plus de 112'500 personnes dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, un chiffre qui a doublé en un peu plus d'une semaine. Les États-Unis restent le pays le plus endeuillé avec au moins 22'020 décès pour plus de 555'000 cas confirmés. Avec un total de 75'011 morts (pour 909'673 cas), l'Europe demeure le continent le plus durement touché par la pandémie.

Ailleurs, la situation est effroyable dans plusieurs pays, notamment en Équateur, où hôpitaux et pompes funèbres sont complètement débordés. À Guayaquil, la capitale économique équatorienne, une équipe spéciale de policiers et militaires a été créée pour recueillir les cadavres qui ne peuvent être enlevés et qui restent parfois abandonnés dans les rues.

Cette équipe a déjà récupéré près de 800 corps dans les habitations à travers la ville. «Les experts médicaux estiment malheureusement [...] que les morts dues au Covid atteindront dans les prochains mois entre 2500 et 3500 rien que dans la province de Guayas», celle de Guayaquil, a déclaré Jorge Wated, qui dirige l'unité.

Signes de repli

Mais le nombre quotidien de morts montre des signes de repli depuis plusieurs jours dans certains des pays les plus affectés, en Italie, en France et aux États-Unis. L'Italie a annoncé dimanche sa journée la moins meurtrière en plus de trois semaines, avec 431 morts en vingt-quatre heures (près de 20'000 morts au total). Depuis le 19 mars, le chiffre quotidien dépassait systématiquement 500 morts.

La pandémie semble également approcher son pic aux États-Unis, où 1514 nouveaux décès ont été enregistrés en vingt-quatre heures, un chiffre en recul pour le deuxième jour consécutif. L'expert en chef de la Maison-Blanche, Anthony Fauci, a estimé que l'économie américaine pourrait redémarrer graduellement en mai. Alors que les principaux indicateurs de la propagation «ne sont pas seulement stabilisés mais commencent à redescendre», il a dit son «optimisme prudent».

Le gouverneur de l'État de New York, épicentre de la maladie avec plus de 9000 morts, a toutefois tempéré. «On ne voit pas de baisse importante, c'est juste une stabilisation», a affirmé Andrew Cuomo.

Boris Johnson sorti d'affaire

La maladie n'épargne pas non plus les puissants: le premier ministre britannique Boris Johnson, 55 ans, s'en est sorti, de son propre aveu, de justesse. «Tout aurait pu basculer» pour lui, a-t-il dit dans une vidéo publiée par ses services, à sa sortie de l'hôpital où il est resté une semaine, dont trois jours en soins intensifs. L'épidémie a tué plus de 10'000 personnes au Royaume-Uni.

Sur le front économique, les pays exportateurs de pétrole sont convenus dimanche d'une baisse de production d'une ampleur inédite, dans l'espoir d'enrayer la chute des cours. Les prix du brut ont bondi en Asie lundi matin, mais les marchés boursiers ne se sont pas enflammés, considérant cet accord comme un minimum attendu.

Après plusieurs jours de négociations ardues, une ultime réunion a permis de lever les derniers obstacles à une réduction de l'offre pétrolière de 9,7 millions de barils par jours (mbj) en mai et en juin.

Il s'agit d'un «très bon accord pour tous!» a tweeté le président américain Donald Trump. Églises désertées, cérémonies sans fidèles, services religieux sur écran... Le dimanche de Pâques, qui commémore la résurrection du Christ selon la tradition chrétienne, s'est déroulé dans des conditions inédites, avec des images hallucinantes des monuments célèbres et grandes places dépeuplés partout sur la planète.

Policiers chanteurs

Le clergé a rivalisé d'imagination pour les célébrations: à Madagascar, un curé a célébré une partie de la messe de Pâques depuis l'arrière de sa voiture, aux couleurs blanche et jaune de l'Église catholique. Et à Londres un pasteur - en col romain et baskets colorées - a enfourché son vélo pour délivrer un office itinérant aux chrétiens confinés.

La Chine, où l'épidémie est globalement endiguée, a annoncé dimanche 97 nouveaux «cas importés» de contamination, principalement le fait de Chinois rentrant chez eux depuis l'étranger, un niveau jamais atteint depuis début mars et la publication de ce décompte.

Partout le confinement pèse sur les humains cloîtrés. Pour les distraire, dans la capitale du Panamá, des policiers en uniforme, équipés de masques et de gants, ont interprété plusieurs chansons, dont «We Are the Champions», du groupe britannique Queen, sous le regard de résidents ravis qui sont sortis danser sur les balcons. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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