Crime de guerre à Gaza: L'Espagne pourrait restreindre les compétences de ses tribunaux

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Crime de guerre à GazaL'Espagne pourrait restreindre les compétences de ses tribunaux

La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a déclaré vendredi que Madrid comptait restreindre les compétences des tribunaux espagnols, après la décision d'un juge espagnol d'ouvrir une enquête sur un crime de guerre présumé d'Israël à Gaza.

Mme Livni a déclaré avoir été informée par son homologue espagnol Miguel Angel Moratinos que l'Espagne comptait «changer sa législation» en relation avec le principe judiciaire de compétence universelle. «Je pense que c'est une nouvelle très importante et j'espère que d'autres Etats en Europe feront la même chose», a-t-elle ajouté dans un entretien à l'Associated Press.

Un juge espagnol a annoncé jeudi l'ouverture d'une enquête sur sept anciens ou actuels responsables israéliens pour un bombardement mené en 2002 à Gaza qui avait tué un militant du Hamas et 14 autres personnes, dont neuf enfants. Une décision qui a suscité de vives réactions en Israël. Le magistrat espagnol a agi en vertu du principe judiciaire de compétence universelle reconnu en Espagne et dans d'autres Etats européens, qui permet de poursuivre des crimes de guerre commis dans des pays tiers.

Un des Israéliens visés par l'enquête espagnole, l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne Moshe Yaalon, a qualifié vendredi les charges retenues de «propagande». Mais il a précisé à la radio de l'armée israélienne ne pas être «inquiet». M. Yaalon est candidat du Likoud (droite) aux élections législatives du 10 février.

L'actuel ministre des Infrastructures Binyamin Ben-Eliezer, autre haut responsable israélien visé par l'enquête, a de son côté qualifié la décision du juge espagnol de «ridicule». Le ministre de la Défense Ehoud Barak a également critiqué cette décision.

Le ministère israélien de la Justice a annoncé vendredi avoir transmis des informations sur l'affaire aux autorités espagnoles. Il a critiqué l'ouverture de l'enquête et a dit souhaiter sa prochaine fermeture.

«C'est une tentative politique cynique d'éléments hostiles à Israël d'abuser du système judiciaire espagnol pour attaquer Israël», affirme le ministère dans un communiqué. «L'Etat d'Israël est déterminé à agir contre ces types de plaintes en Espagne et dans d'autres pays avec des moyens légaux et diplomatiques.» (ap)

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