Actualisé 19.01.2010 à 22:04

Séisme en Haïti

L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise

Des troupes héliportées américaines ont pris position mardi à des endroits stratégiques de Port-au-Prince pour sécuriser les opérations humanitaires destinées à répondre à une population aux abois.

L'opération est survenue une semaine après le séisme qui a fait au moins 75.000 morts en Haïti.

Une cinquantaine de parachutistes de la 82e division aéroportée ont débarqué d'au moins quatre hélicoptères pour prendre position près du palais présidentiel en ruines de Port-au-Prince.

Dans le même temps, les premiers éléments du corps des Marines sont arrivés à 16 km au sud-ouest de la capitale haïtienne. Selon le colonel Greg Kane, ils doivent se rendre dans les villes de Léogâne, Grand-Goâve et Petit Goâve pour faire la liaison avec les Casques Bleus.

Les Marines ont aussi déployé des hélicoptères et des aéroglisseurs. Plus d'une centaine de véhicules, deux systèmes de purification d'eau, neuf citernes pour le transport d'eau, six citernes pour le transport de carburant, seize groupes électrogènes, vingt tentes ainsi que des médicaments doivent être déployés à terre.

Lundi, l'aviation américaine avait procédé à de premiers parachutages, larguant 14.500 rations alimentaires et 15.000 litres d'eau sur une zone sécurisée proche de l'aéroport de la capitale haïtienne. Les Etats-Unis ont déployé 11.000 hommes au total, sur terre ou sur mer au large de Haïti.

L'afflux d'hommes en armes près du palais présidentiel était fraîchement accueilli par certains Haïtiens, alors que d'autres s'en félicitaient. «C'est une occupation. Le palais représente notre pouvoir, notre identité, notre fierté», a lancé Feodor Desanges.

L'importante mobilisation américaine en Haïti a suscité des tensions sur la scène internationale, le Venezuela accusant Washington de vouloir «occuper» Haïti. Après des critiques apparues ces derniers jours en France, l'Elysée a mis les choses au point mardi en saluant «le rôle essentiel que les Etats-Unis jouent sur le terrain».

L'aide suisse continue d'arriver

L'avion cargo affrété par la Croix-Rouge suisse a atterri lundi soir à Port-au-Prince. Il transportait notamment des tentes, des bâches, des kits de cuisine, de l'eau, du matériel médical et de chirurgie. Un premier chargement de 30 tonnes était déjà parvenu le week-end dernier sur place, et 35 tonnes supplémentaires étaient en route mardi soir.

L'ONU a affirmé que «l'espoir persiste» de retrouver des survivants. Depuis mardi dernier, «au moins 90 survivants» ont été tirés des décombres, selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA).

Mais à mesure que le temps passe, les miraculés se font plus rares et les blessés affluent toujours vers des centres de soins débordés. Des scènes de pillage se sont déroulées lundi mais, selon la Mission de stabilisation des Nations unies en Haïti (MINUSTAH), la sécurité à Port-au-Prince «reste stable, avec des violences et des pillages limités et localisés».

Sur le front des secours, l'urgence est désormais d'éviter une catastrophe sanitaire: sans accès à l'eau potable et à des sanitaires, les risques d'épidémie augmentent à chaque instant.

«On ampute à la chaîne»

«C'est la gangrène partout, on ampute à la chaîne. Au sixième jour, on entre dans la chirurgie radicale car on ne peut plus rien faire», expliquait lundi Médecins sans frontières (MSF). A Port-au- Prince, huit hôpitaux, dont la moitié sont des structures de campagne, sont opérationnels.

Malgré des débuts difficiles dans la distribution de l'aide dus à des problèmes logistiques et de coordination, «il y a des progrès, nous avançons sur l'assistance humanitaire d'urgence», a expliqué la porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM) Emilia Casella. Elle a précisé que 270.000 personnes avaient reçu de la nourriture, dont 60.000 en une seule journée.

Haïti a décrété un deuil national de 30 jours. Le séisme a fait 75.000 morts, 250.000 blessés et un million de sans-abri, a annoncé mardi le gouvernement haïtien. Les forces américaines estiment que le nombre de morts pourrait atteindre 200.000. La secousse a également fait au moins 250.000 blessés et 1,5 million de sans-abri.

A Saint-Domingue, une première réunion internationale sur la reconstruction a estimé qu'Haïti avait besoin de dix milliards de dollars sur cinq ans pour se rétablir. L'ONU, qui a lancé un appel d'urgence de 575 millions de dollars, a indiqué avoir déjà reçu 105 millions de dollars à la date du 18 janvier, sur un total de promesses atteignant plus de 1,2 milliard. (ats)

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