Tchad: L'est du Tchad théâtre de nouveaux combats meurtriers
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TchadL'est du Tchad théâtre de nouveaux combats meurtriers

De violents combats entre rebelles tchadiens venus du Soudan et forces gouvernementales ont fait près de 250 morts jeudi et vendredi dans l'est du Tchad.

Ces combats ont eu lieu dans une zone qui abrite des milliers de réfugiés.

Au total 247 personnes sont mortes, 225 du côté des rebelles et 22 pour l'armée nationale tchadienne (ANT). Le porte-parole du gouvernement tchadien Mahamat Hissène a communiqué ce «bilan actualisé mais toujours provisoire» lors d'un point de presse vendredi.

M. Hissène a aussi indiqué que l'armée avait fait 212 prisonniers, récupéré 127 véhicules et détruit 93 autres.

Le gouvernement avait d'abord annoncé 125 morts parmi les rebelles et 21 parmi les militaires. Les rebelles de l'Union des forces de la résistance (UFR) ont réfuté ce bilan, sans communiquer de chiffres.

Dans un communiqué reçu vendredi à Libreville, l'UFR annonce «plusieurs dizaines de morts et blessés» et plusieurs prisonniers faits dans le camp des forces gouvernementales. Elle fait aussi état de la destruction de plusieurs chars, de véhicules armés et de ravitaillement.

Civils pas touchés

Le ministre des Infrastructures, Adoum Younousmi, assurant l'intérim de son homologue de la Défense, a précisé que les combats avaient été «rudes», sans toucher les civils: «Les affrontements ont eu lieu hors de la ville, donc la population était épargnée», a-t-il dit.

Entrée le 4 mai dans l'est du Tchad en provenance du Soudan voisin, l'UFR a dit progresser avec pour «objectif final» N'Djamena, la capitale. En février 2008, une précédente coalition de rebelles avait pénétré dans la ville, manquant de peu de renverser le président Idriss Deby Itno.

Les deux pays ont signé en début de semaine à Doha, au Qatar, un accord visant à normaliser leurs relations. Mais la nouvelle offensive de la rébellion dans l'est du Tchad a de nouveau fait monter la tension entre Khartoum et N'Djamena.

Les humanitaires évacuent

Le Conseil de Sécurité de l'ONU s'est réuni vendredi pour une séance sur le Tchad. Le Tchad et le Soudan s'y sont accusés mutuellement d'agression, chacun reprochant à l'autre de soutenir les mouvements rebelles sur son territoire.

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) s'est inquiété vendredi des combats dans une région qui abrite 22 000 réfugiés du Darfour et 60 000 autres personnes déplacées. Le HCR a dû évacuer 18 membres de son personnel de la zone de conflit, a souligné Ron Redmond, porte-parole du HCR.

Pour sa part, le Programme alimentaire mondial (PAM) a annoncé qu'il avait dû suspendre le 5 mai l'approvisionnement en nourriture de l'un des 12 camps de réfugiés gérés par l'ONU le long de la frontière soudanaise.

La nouvelle offensive rebelle a été condamnée jeudi par les Etats- Unis et la France, vendredi par l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA).

Stabilisation?

Malgré ces nouveaux affrontements, la Mission de l'ONU déployée dans le pays, la Minurcat, a estimé que la situation semblait «se stabiliser».

La Minurcat a accru depuis le 4 mai ses patrouilles militaires et ordonné des restrictions de déplacement par mesure de sécurité, a déclaré le porte-parole de la mission, Michel Bonnardeaux, joint de Libreville.

(ats)

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