Actualisé 07.04.2017 à 13:04

France voisineL'ETA confirme son désarmement le 8 avril

Même si le processus en reste flou, l'organisation séparatiste basque a confirmé son désarmement prévu samedi.

Image d'archive - 20 octobre 2011.

Image d'archive - 20 octobre 2011.

Keystone

L'organisation séparatiste basque espagnole ETA a confirmé son désarmement samedi, après quarante années de violences ayant coûté la vie à plus de 800 personnes. «Le 'jour du désarmement' est demain», indique ETA dans une lettre publiée jeudi soir par la BBC.

L'organisation appelle à manifester à Bayonne, dans le sud-ouest de la France, pour éviter que «les ennemis de la paix» ne contrecarrent cette initiative unilatérale.

Samedi à Bayonne, l'ETA doit remettre à la justice la liste des caches, via des «artisans de la paix» issus de la société civile française.

Mais le scénario de cette restitution reste flou. Des proches des nationalistes basques se contentent d'indiquer: «Des négociations sont engagées avec les autorités françaises». Cet arsenal serait en France et, selon des experts de la lutte antiterroriste, comprendrait environ 130 armes de poing et deux tonnes d'explosifs.

L'organisation, née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après plus de 40 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Mais elle refusait son désarmement et sa dissolution exigés par Madrid et Paris, réclamant une négociation sur ses quelque 360 membres détenus.

Faible

L'ETA est «à l'agonie» et son appareil clandestin «compterait tout au plus une trentaine de membres», selon des experts de la lutte antiterroriste, déplorant que l'organisation basque n'ait pas suivi son ancien «modèle», l'IRA irlandaise, qui a su négocier la fin d'une guerre civile et sa réintégration dans la démocratie.

Son ultime attentat, au cours duquel un policier français avait été tué, remonte à 2010, ce qui avait porté le bilan des morts attribués à l'organisation clandestine à 829.

Les «opérations sécurisées de désarmement se dérouleront en dehors de Bayonne, effectuées de façon à garantir qu'il soit total, vérifiable et vérifié», selon des sources proches de l'organisation.

Tourner la page

«Ce désarmement est indispensable pour tourner définitivement la page de la violence au Pays Basque. Il doit néanmoins se faire dans le respect total des règles de droit», a déclarée à l'AFP Frédérique Espagnac, sénatrice socialiste de la région, proche du président français François Hollande, souvent présentée comme intermédiaire dans ces négociations.

Le 20 mars, le Premier ministre français, Bernard Cazeneuve, avait tracé le cadre d'un désarmement: c'est l'autorité judiciaire qui est habilitée à se saisir de ces armes. Et, en matière judiciaire, le Parquet antiterroriste à Paris est compétent.

De leurs côtés, les services de police et de gendarmerie, ainsi que les spécialistes du déminage sont mobilisés et «prêts à se déployer» à tout moment.

Côté espagnol, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, qui a toujours exigé un désarmement sans conditions, se veut discret. Seul le ministre de l'Intérieur, Juan Ignacio Zoido est intervenu mercredi. «Le seul chemin possible pour ETA, c'est la dissolution, la remise des armes, la repentance et la réparation du tort causé», a-t-il dit, «il n'y aura ni transactions, ni concessions».

Contre-rassemblement

Toutefois, jeudi, à la demande du Parquet à Madrid, le Tribunal de l'Audience nationale a ouvert une enquête et demandé à la France de lui transmettre toute information relative au «désarmement».

Comme «contre-évènement» à la journée du 8 avril, le Parti populaire (PP) de Rajoy organise vendredi à Vitoria, dans le Pays Basque espagnol, un rassemblement à la mémoire des victimes d'ETA.

De leurs côtés, les autres partis du Pays Basque espagnol - nationalistes et gauche - ainsi que les syndicats ont lancé mercredi un appel à Paris et Madrid à faciliter le désarmement d'ETA afin de permettre «à la société et à la classe politique basques de refermer une étape du passé».

Signe que le sujet reste très sensible en Espagne, les associations des familles des victimes d'ETA ont lancé une pétition dénonçant une «restitution d'armes médiatique relevant de la propagande, avec des airs d'auto-blanchissement». (nxp/ats/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!