L'ETA revendique l'attentat qui a tué un garde civil

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L'ETA revendique l'attentat qui a tué un garde civil

L'organisation indépendantiste basque armée ETA a revendiqué dans un communiqué publié vendredi quatre attentats, dont celui qui a coûté la vie le 14 mai à un garde civil espagnol.

Le communiqué du groupe armé est daté de lundi et a été publié vendredi par le quotidien indépendantiste basque Gara, canal habituel de revendication de l'ETA.Les attentats revendiqués sont les deux bombes qui avaient explosé le 1er mai au Pays Basque (nord), à Saint-Sébastien et Arrigorriaga, l'attentat à la fourgonnette piégée du 14 mai à Legutiano, qui a tué un garde civil et en a blessé quatre, et l'explosion d'une forte charge le 19 mai dans le port basque de Getxo.Dans son communiqué, l'ETA évoque aussi l'importante opération policière qui a permis l'arrestation, le 22 mai à Bordeaux (sud-ouest de la France), de quatre de ses dirigeants, dont Javier Lopez Peña, dit "Thierry", considéré par Madrid comme la personne ayant actuellement "le plus de poids" en son sein.L'ETA estime que cette opération n'est pas étonnante car elle correspond à la "stratégie répressive des Etats français et espagnols de chasse aux militants et aux responsables de l'ETA".Selon l'ETA, tenue pour responsable de la mort de 823 personnes en 40 ans de lutte pour l'indépendance du Pays Basque, ce type d'opérations cherche à "étouffer le mouvement de libération" et "frappe tous les agents qui sont en faveur d'un changement politique réel et tous ceux qui luttent".L'ETA, qui figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne, menace aussi de continuer à commettre des attentats si "aucune réponse adéquate n'est trouvée pour résoudre le fond du problème".Le groupe armé fait également référence au projet controversé du chef du gouvernement basque, Juan José Ibarretxe, détaillé cette semaine et qui prévoit une "consultation populaire" le 25 octobre au Pays Basque sur le droit des Basques à décider de leur futur.Le gouvernement socialiste espagnol de José Luis Rodriguez Zapatero s'oppose fermement à ce projet promu par le Parti nationaliste basque (PNV, nationalistes modérés).Le Parti socialiste (PSOE) et le PNV "se livrent à un jeu honteux qui consiste à se disputer de manière ridicule pour remporter les élections" régionales basques, prévues pour au printemps 2009, estime l'ETA.Le PSOE et le PNV n'ont "rien de sensé à présenter. Uniquement un avenir obscur plein de limites", affirme le groupe armé.L'ETA, qui a mis fin en juin 2007 à une trêve de 15 mois, après l'échec d'une tentative de dialogue avec le gouvernement espagnol, rappelle que son objectif est la "construction d'un Etat pour Euskal Herria".Euskal Herria correspond au "grand Pays Basque" incluant le Pays Basque espagnol, la Navarre (région voisine en partie bascophone) et le Pays Basque français, revendiqué par les indépendantistes.Depuis l'été dernier, l'ETA a perpétré une vingtaine d'attentats et tué quatre personnes tandis que la justice espagnole a accentué sa pression contre le groupe et son entourage, en particulier son "bras politique", Batasuna dont les principaux dirigeants sont aujourd'hui en prison.

AFP

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