Guadeloupe: L'Etat appelle à la fin de la grève
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GuadeloupeL'Etat appelle à la fin de la grève

Après le préfet de Guadeloupe, la ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer Michèle Alliot-Marie a à son tour appelé dimanche à la fin de la grève qui touche l'île depuis plus de cinq semaines et «à la responsabilité des uns et des autres».

Pour l'Etat, «rien ne justifie» désormais la poursuite du conflit social compte tenu de la satisfaction de «l'essentiel» des revendications du collectif LKP. Ce dernier a fait savoir qu'un rassemblement se tiendrait dans la soirée et qu'une décision serait prise à cette occasion sur la suite à donner au mouvement.

Contacté par l'Associated Press, Stéphane Grauvogel, le secrétaire général aux affaires régionales à la préfecture de Guadeloupe, a expliqué que les discussions sur l'ensemble des points faisant débat dans la plateforme de revendication du LKP (Liyannaj kont pwofitasyon Ensemble contre la surexploitation) s'étaient achevées au cours de la nuit de samedi à dimanche. «Aujourd'hui, il y a un compromis sur l'essentiel des revendications du LKP», a-t-il dit. «Tout cela va donner lieu à la rédaction d'un projet de protocole que nous allons transmettre dès lundi».

Stéphane Grauvogel a ajouté qu'il avait été demandé au LKP au terme des négociations vers 4h du matin si le collectif appellerait à reprendre le travail dès lundi matin. «Ils nous ont dit qu'ils nous le feraient savoir à l'occasion d'un meeting qui aura lieu ce soir», a précisé le secrétaire général dimanche. Une décision reportée à lundi soir, a rapporté France Info à l'issue de la rencontre.

Au vu de «l'accord» sur les différents points (discussions sur la baisse des prix pour les produits de première nécessité, baisse du prix de l'eau, logements, droits syndicaux), «on espère que le bon sens s'imposera», a-t-il avancé, soulignant que les discussions réunissaient depuis deux jours le LKP, l'Etat et les collectivités territoriales.

Le nouveau compromis interviendrait après l'accord sur les 200 euros d'augmentation pour les bas salaires qui a été signé dans la nuit de jeudi à vendredi par le LKP et des organisations patronales minoritaires, le Medef ayant claqué la porte pour dénoncer les «méthodes» de discussions du LKP.

«Il va y avoir une demande d'élargissement de l'accord de la part des signataires», a précisé sur ce point M. Grauvogel pour qui il n'y a désormais «plus aucun motif pour continuer la grève» lancée le 20 janvier. D'après le secrétaire général aux Affaires régionales, «la plupart» des commerces «commencent à rouvrir et à se faire approvisionner» et les entreprises ont repris leur activité. Le «vrai problème» actuellement, a-t-il noté, ce sont les établissements scolaires.

La veille au soir, le préfet de Guadeloupe Nicolas Desforges avait lancé «un appel solennel à une reprise de la vie normale lundi en Guadeloupe», jugeant que l'essentiel des revendications «ambitieuses» du LKP était «acquis» et que «toute décision contraire» serait «autodestructrice» pour le département d'outre-mer.

Un appel que le leader du LKP Elie Domota avait jugé «tout à fait cavalier», affirmant que tous les points, à ce moment-là, n'avaient pas été négociés. Il a ajouté sur RTL que le LKP réunissait ses militants dimanche soir à Pointe-à-Pitre pour décider avec les travailleurs de la suite à donner au mouvement.

Dimanche, la ministre de l'Intérieur et de l'Outre-mer a appuyé la demande de M. Desforges. «Le préfet (de Guadeloupe) a eu raison d'appeler chacun à la modération et à la responsabilité», a estimé Michèle Alliot-Marie lors de l'émission «Dimanche Soir politique» France Inter-Le Monde-i

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