France: L'Etat commande 15 TGV pour sauver Alstom
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FranceL'Etat commande 15 TGV pour sauver Alstom

L'Etat va garnir le carnet de commandes du groupe ferroviaire, lequel a promis en contre-partie des investissements.

photo: AFP

Le site de Belfort du groupe français de construction ferroviaire Alstom est «sauvé» après l'importante commande publique décidée par l'Etat, a affirmé mardi le Premier ministre Manuel Valls. «Grâce à la mobilisation de l'Etat et à l'engagement de tous, le site d'Alstom de Belfort est sauvé!» s'est enthousiasmé le chef du gouvernement sur son compte Twitter.

Quinze TGV à étages, qui s'ajoutent aux six destinés à la ligne Lyon-Turin, plus vingt locomotives dépanneuses: le gouvernement français et Alstom ont annoncé mardi une pluie de commandes et d'investissements étalés sur quatre ans, pour maintenir et développer l'activité du site de Belfort, un temps menacé.

Le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue, est venu mardi à Belfort pour annoncer aux syndicats, aux élus locaux et à la direction d'Alstom trois commandes de trains.

D'abord 15 TGV Euroduplex (à étage) destinés aux lignes Bordeaux-Marseille et Montpellier-Perpignan. A 30 millions d'euros pièce environ (33 millions de francs), l'Etat dépensera 450 millions pour faire circuler ces trains à grande vitesse sur des voies ordinaires, «par anticipation de l'arrivée des lignes à grande vitesse» sur ces trajets, selon un document remis aux élus et aux syndicats.

Par ailleurs, la SNCF achètera 6 TGV spécialement adaptés à la liaison Paris-Turin-Milan, comme l'avait déjà indiqué le secrétaire d'Etat aux Transports Alain Vidalies, évoquant un montant de 200 millions d'euros (220 millions de francs).

L'entreprise publique commandera en outre 20 locomotives diesel «destinées au secours des trains en panne», pour un montant non spécifié.

L'entreprise va investir

De son côté, Alstom s'engage à investir 40 millions d'euros en trois temps dans son usine franc-comtoise, dont 30 millions pour le développement et la production d'un nouveau modèle de locomotive hybride ou diesel.

Le groupe dépensera en outre 5 millions d'euros d'ici à 2019 pour moderniser les ateliers de maintenance ferroviaire du site de Belfort, avec l'objectif de doubler les effectifs sur cette activité, soit 150 salariés à terme.

Enfin, Alstom investira 5 millions d'euros supplémentaires d'ici à 2020 pour diversifier la production de l'usine de Belfort et l'orienter vers d'autres types de trains mais aussi de véhicules routiers, notamment le bus électrique.

Ces investissements s'ajouteront au projet de «TGV du futur», qu'Alstom et la SNCF doivent concevoir d'ici à la fin de 2017, en vue d'éventuelles commandes qui profiteraient en partie à l'usine de Belfort à partir de 2021.

Le constructeur ferroviaire et l'Etat, via l'Ademe, y consacreront 30 millions d'euros sur deux ans.

Déménagement enterré

Le projet initial d'Alstom apparaît donc enterré. Le groupe avait annoncé, le 7 septembre, le transfert d'ici à 2018 de l'ingénierie et de la production de son site de Belfort vers celui de Reichshoffen, 200 km plus au nord en Alsace.

L'avenir de cette usine bâtie en 1879, berceau de la première motrice TGV dans les années 70, est depuis devenu une priorité pour l'exécutif. François Hollande lui-même avait promis que «tout sera(it) fait» pour maintenir l'activité et les quelque 400 emplois menacés de déménagement.

Toutefois, la mobilisation reste forte à Belfort, où une troisième manifestation en moins d'un mois a rassemblé mardi matin près de 300 salariés, partis de l'usine Alstom derrière une banderole «non à la fermeture», jusqu'à la préfecture où se tenait une réunion décisive. (nxp/afp)

(NewsXpress)

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