Actualisé 07.10.2010 à 17:24

Procès BCGEL'Etat de Genève reste acteur au procès

Au procès de la débâcle de la BCGE, la défense des cinq accusés a tenté jeudi une dernière fois d'écarter l'Etat de Genève des débats. En vain.

Avocat d'un des deux anciens réviseurs de la Banque cantonale de Genève (BCGE), Vincent Jeanneret a soutenu l'idée que l'Etat n'avait pas subi de dommage dû aux actes reprochés aux accusés. Le canton n'a rien à faire dans cette procédure, a enchaîné Christian Lüscher, avocat de l'ex-directeur général de la banque Marc Fues.

Des arguments qui n'ont pas fait mouche auprès du président de la Cour correctionnelle, Jacques Delieutraz. Le magistrat a finalement confirmé le canton dans son rôle de partie civile. Une décision qui a satisfait l'avocat de l'Etat Eric Alves de Souza, qui s'est battu pour que la collectivité puisse avoir son mot à dire au procès.

Un dommage de 2,3 milliards de francs

Le dommage pour le canton se chiffre à 2,3 milliards de francs, a rappelé l'avocat. Et cette perte a été la conséquence du comportement des accusés, a-t-il affirmé. Ces derniers ont présenté entre la période 1996 et 1998 la BCGE comme une banque bénéficiaire. La réalité était cependant bien différente.

Les trois anciens cadres de la banque que sont Marc Fues, l'ex- directeur adjoint René Curti et l'ancien président du conseil d'administration Dominique Ducret, tous accusés de faux dans les titres et gestion déloyale aggravée, auraient volontairement oublié d'inscrire des provisions au bilan de la BCGE pour l'embellir.

En 1998, ce sous-provisionnement atteignait presque le milliard de francs, a souligné Me Alves de Souza. Il manquait un milliard, mais la BCGE versait des dividendes à ses actionnaires, a résumé le procureur général de Genève Daniel Zappelli. La banque était pourtant en état de «mort clinique».

Eviter la faillite

Lorsque la Commission fédéral des banques (CFB) a tiré la sonnette d'alarme en 2000, le canton a réagi en venant en aide à sa banque. L'Etat a voulu éviter que la BCGE ferme ses portes. Une faillite lui aurait coûté beaucoup plus cher. Le canton est en effet le garant des dépôts d'épargne de la banque, a rappelé Me Alves de Souza.

La défense a soulevé jeudi après-midi d'autres incidents. Vendredi, le président du Conseil d'Etat genevois François Longchamp pourrait être appelé à la barre.

(ats)

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