Actualisé

GenèveL'Etat dénonce la traque vidéo aux faux frontaliers

Les caméras de surveillance aux douanes ne peuvent servir à identifier les Suisses qui vivent en France sans s'être déclarés. Un maire français en avait fait la demande.

par
David Ramseyer
En 2013, 16'600 véhicules passaient chaque jour la douane de Perly. Près de 300'000 passages de voitures ou bus ont été enregistrés quotidiennement pour l'ensemble des douanes entre Genève et la France.

En 2013, 16'600 véhicules passaient chaque jour la douane de Perly. Près de 300'000 passages de voitures ou bus ont été enregistrés quotidiennement pour l'ensemble des douanes entre Genève et la France.

«Les élucubrations d'une campagne électorale française en cours ne nous concernent pas. Il n'y aura pas d'analyse d'images fournies par des caméras des garde-frontières.» Fin de non-recevoir du président du Conseil d'Etat François Longchamp au maire de Saint-Julien-en-Genevois.

Mardi dans un reportage au journal de 19h30 de la RTS, Antoine Vielliard, en lice aux élections départementales, demandait au canton d'utiliser les images des systèmes vidéos qui filment les plaques minéralogiques des voitures au passage des douanes. Elles permettraient, selon le magistrat haut-savoyard, d'identifier leur conducteur et ainsi de démasquer ces fameux résidents suisses non-déclarés en France. Des milliers de Genevois habitent en effet de l'autre côté de la frontière mais prétendent qu'il s'agit d'une résidence secondaire. Les département de l'Ain et de la Haute-Savoie perdraient ainsi 40 millions d'euros d'impôts par an.

Fichage des automobilistes

La démarche de l'élu de Saint-Julien énerve visiblement le canton, qui la juge électoraliste et surtout non avenue. Un maire français ne peut s'adresser au Canton dans un domaine de compétence qui n'est pas le sien, puisque les douanes dépendent de la Confédération. Seul Paris peut adresser une telle requête à Berne. D'autant qu'obtenir des images vidéo des douanes pour vérifier qui habite où est simplement illégal: une transmission n'est possible que pour des affaires pénales. Sans oublier la levée de bouclier que pourrait susciter un potentiel fichage des automobilistes.

Mais Antoine Vielliard persiste: «Si on veut résoudre les problèmes de financement de la mobilité transfrontalière, il faut avancer. En particulier sur la question des résidents clandestins genevois.» Réponse de François Longchamp: «C'est d'évidence aux maires français qu'il revient de vérifier qui habite sur leur propre territoire!»

Ton opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!