Actualisé 12.10.2014 à 10:03

IrakL'Etat islamique exécute les femmes diplômées

Le groupe terroriste a exécuté ces derniers jours au moins quatre femmes, dont deux médecins et une politicienne, dans le nord de l'Irak.

A Mossoul, deuxième ville d'Irak, que l'EI a prise début juin, les djihadistes ont exécuté mercredi trois femmes, notamment deux médecins, a indiqué Hanaa Edwar, une militante des droits de l'Homme qui dirige l'association Al-Amal. La mort des deux médecins a été confirmée par une source médicale à Mossoul qui les a identifiées comme étant Maha Sabhane et Lamia Ismaïl. La troisième victime, non identifiée, était diplômée en droit.

Le 5 octobre, les djihadistes ont également exécuté Imane Mohammed Younos, ancienne députée sunnite du Front turcoman d'Irak dans la ville de Tal Afar, à l'ouest de Mossoul vers la frontière syrienne. «Ils l'ont prise de chez elle le mois dernier et ont appelé sa famille cette semaine pour leur annoncer qu'elle avait été exécutée», a dit Ali al-Bayati, qui dirige une fondation pour la défense des droits de la minorité turcomane. «Ils ont ensuite jeté son corps dans un puits aux abords de Tal Afar», a-t-il ajouté.

Attentats dans des quartiers chiites de Bagdad

L'explosion d'une voiture piégée contre un barrage de police a fait cinq morts et 16 blessés à Kazimiya, un quartier du nord-ouest de Bagdad où se trouve l'un des tombeaux les plus sacrés de l'islam chiite, selon un bilan fourni par un responsable de la police et confirmé par une source médicale.

Plus à l'ouest de la capitale irakienne, dans le quartier de Choala, au moins huit personnes ont péri dans un attentat similaire qui a eu lieu dans une artère commerçante et a fait 16 blessés, selon le ministère de l'Intérieur.

Jeudi, au moins 12 personnes avaient trouvé la mort dans une autre attaque à la voiture piégée dans le grand quartier chiite de Sadr City, dans le nord-est de Bagdad. Selon les Nations unies, plus de 1100 personnes ont été tuées dans des actes de violence le mois dernier en Irak. Selon un décompte de l'AFP, plus de 250 personnes ont été tuées en octobre dans ce pays. Même si les morts sont plus nombreux sur la ligne de front entre le groupe Etat islamique d'un côté et les forces gouvernementales et leurs alliés de l'autre, la capitale irakienne n'est pas épargnée par les violences meurtrières.

Les USA larguent de l'aide en Irak, la coalition continue ses frappes

Les Etats-Unis ont annoncé avoir réalisé vendredi et samedi plusieurs largages pour réapprovisionner les forces de sécurité irakiennes, tandis que la coalition internationale poursuivait ses frappes aériennes contre le groupe terroriste Etat islamique en Syrie et en Irak. «A la demande du gouvernement irakien», l'armée américaine a effectué de «multiples» largages à proximité de Baïji, ville située à 200 km au nord de Bagdad, a indiqué le Centre de commandement américain chargé du Moyen-Orient et de l'Asie centrale (Centcom), dans un communiqué.

Au total, les appareils américains ont livré 36 colis contenant 7328 repas halal, 7800 litres d'eau et plus de 7,2 tonnes de munitions. «Ces largages ont tous vocation à aider les forces de sécurité irakiennes, qui continuent de contrôler Baïji. Les zones autour de Baïji, en revanche, sont disputées par ISIL (l'un des acronymes utilisés par les USA pour désigner l'EI, ndlr) qui poursuit ses opérations dans la région», a ajouté le Centcom. (afp)

L'EI envoie des renforts

L'Etat islamique envoie de nombreux renforts à Kobané, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). L'organisation jihadiste tente de conquérir cette ville syrienne depuis près d'un mois face à une résistance farouche des forces kurdes.

«Ils envoient des combattants des provinces de Raqa et d'Alep», les principaux bastions de l'Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH. «Ils envoient même des hommes qui n'ont pas beaucoup d'expérience du combat».

«Il s'agit bien d'une bataille cruciale pour eux: s'ils prennent Kobané, la lutte contre l'EI en Syrie va durer très longtemps. Mais s'ils n'y arrivent pas, cela va porter un coup dur à leur image auprès des jihadistes», estime-t-il. «Ils ont mis tout leur poids dans cette bataille».

Depuis la prise vendredi du quartier général des forces kurdes par les jihadistes, «il n'y a plus eu de véritable progression de l'EI», a dit M. Abdel Rahmane.

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