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GenèveL'Etat réserve des espaces pour créer la vie nocturne

La nuit intègre le plan directeur cantonal. Elle est devenue un enjeu d'aménagement grâce à un collectif de jeunes gens. C'est du jamais vu.

par
Jérôme Faas
Adrien Rufener (à gauche) et Sylvain Leutwyler (à droite), membres du comité du "Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée", mardi 7 mars à la rue de l'Ecole-de-Médecine, artère ultra-vivante mais génératrice de tensions avec le voisinage.

Adrien Rufener (à gauche) et Sylvain Leutwyler (à droite), membres du comité du "Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée", mardi 7 mars à la rue de l'Ecole-de-Médecine, artère ultra-vivante mais génératrice de tensions avec le voisinage.

20 minutes / jef

«Avant, on faisait un nouveau quartier et on regardait si la vie nocturne s'y installait ou pas. C'était le parent pauvre», expose le conseiller d'Etat Antonio Hodgers. L'ère des squats achevée, cette absence de politique a causé soit des déserts, soit des conflits avec le voisinage. Puis des jeunes ont créé le «Collectif pour une vie nocturne riche, vivante et diversifiée». Ils ont réfléchi, fait une pétition, rencontré les élus. Et aujourd'hui, la vie nocturne fait l'objet d'une fiche dans le plan directeur cantonal. C'est une première suisse: la nuit est traitée comme le logement, l'industrie ou les écoles.

Deux soucis: les voisins et l'offre

«Nous avions deux soucis, détaille Adrien Rufener, trésorier du Collectif: réduire les conflits avec les voisins, et combler le manque d'offre.» Pour cela, il s'agissait de planifier les lieux en amont, plutôt que de juste réguler après-coup. L'idée d'intégrer la nuit au plan directeur naît des rencontres avec l'Etat. Il s'agit d'un document contraignant, validé par le Conseil fédéral, rappelle Antonio Hodgers. «Il permet de réserver des espaces pour cette vie, aux associations et aux jeunes de se concentrer sur ces périmètres. Maintenant, il ne dit pas encore comment on finance.»

«Une vraie politique publique»

«C'est la preuve que la nuit devient une vraie politique publique. Ça légitime notre travail auprès des interlocuteurs, juge Adrien Rufener. Mais ce n'est qu'un potentiel. Pour le rendre concret, il faudra des organismes pour profiter des opportunités foncières.» Mais au moins, juge Antonio Hodgers, «cette fiche permet de réserver une part du gâteau aux milieux culturels».

Cinq secteurs ciblés

La fiche du plan directeur cantonal identifie cinq lieux destinés à voir se développer une vie nocturne: la future plage des Eaux-Vives; le secteur Praille-Acacias-Vernets; le projet «Fil de l'Arve», qui court des Vernets à la pointe de la Jonction; Châtelaine; les zones industrielles, dont Meyrin, Satigny, Vernier et la Pallanterie. «Les années 90 c'est fini, il n'y a plus de vides. Si on veut créer des lieux pour la vie nocturne, il faut les planifier», commente le conseiller d'Etat Vert Antonio Hodgers.

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