Genève: L'Etat songe à refuser les élèves vivant en France
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GenèveL'Etat songe à refuser les élèves vivant en France

Le Conseil d'Etat, qui veut économiser, pourrait ne plus accepter les écoliers résidant hors du canton, soit plusieurs centaines de jeunes.

par
Jérôme Faas
45'781 jeunes fréquentent le Cycle d'orientation et le primaire genevois cette année.

45'781 jeunes fréquentent le Cycle d'orientation et le primaire genevois cette année.

Aujourd'hui, 1300 élèves fréquentant les écoles primaires et les cycles d'orientation genevois habitent en France. Et demain? Peut-être bien zéro. Anne Emery-Torracinta, la conseillère d'Etat chargée de l'Instruction publique, a rencontré les directeurs des établissements de l'enseignement obligatoire la semaine passée. Ils ont appris que l'Exécutif réfléchissait à ne plus autoriser la scolarisation à Genève des enfants qui n'y vivent pas, y compris les Suisses.

«Aucune décision n'a été prise»

Le Département confirmait hier que, «dans le cadre de perspectives budgétaires difficiles, l'Exécutif discute» du sujet. Mais «aucune décision n'a été prise». Impossible, donc, de connaître ni les détails du projet ni l'agenda ni s'il inclut le postobligatoire, ou si les élèves déjà inscrits sont concernés.

«Marre, de la vague UDC»

Le débat est jugé légitime par un proche du dossier, qui voit mal pourquoi faire une fleur à des gens «dont certains s'exilent juste pour se construire une villa et dont tout l'impôt ne va pas au canton». Marc Simeth, du syndicat du Cycle, est outré. «Genève ne construit pas assez, des gens sont forcés d'aller de l'autre côté pour vivre, il n'y a pas de raison de refuser leurs enfants! Marre, de la vague UDC!»

400 élèves de plus à absorber à la rentrée

Quoi qu'il en soit, la population genevoise croît et l'enseignement obligatoire attend 400 élèves de plus à la rentrée, autant en 2015, et il va falloir financer l'école le mercredi matin et l'accueil continu. Or, dit Laurent Vité, du syndicat du primaire, «le Parlement n'a que le mot coupe à la bouche».

Trois mille «hors sol»

L’Etat accueille 3000 élèves habitant en France: 800 au primaire, 500 au Cycle, 1600 au postobligatoire et 100 dans d’autres structures. Habiter le canton n’est pas obligatoire pour y étudier. Il accepte les inscriptions des élèves genevois «quel que soit leur domicile» et de ceux résidant «en France voisine» si l’un des parents est assujeti à l’impôt sur le revenu, «dans la limite des places disponibles».

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