Actualisé 28.04.2017 à 05:37

GenèveL'Etat va supprimer des dizaines de feux rouges

Pour fluidifier le trafic, la signalisation lumineuse de certains carrefours en zone urbaine sera enlevée d'ici la fin de l'année.

de
David Ramseyer

Finies les longues minutes d'attente, pare-chocs contre pare-chocs, en attendant de passer au vert? Certainement pas. Mais le Département cantonal des transports (DETA) a bon espoir d'améliorer bientôt la situation sur les routes genevoises. Sur les 450 carrefours équipés de feux au bout du lac, 25 seront débarrassés, tout ou en partie, de leur signalisation lumineuse. Des dizaines de feux rouges sont ainsi appelés à disparaître d'ici fin 2017, principalement en zone urbaine comme sur le boulevard Carl-Vogt, à l'avenue de Châtelaine ou encore sur la route de Meyrin.

A la place: des cédez-le-passage

«L'objectif est de mieux fluidifier le trafic de l'ensemble des modes de transports, sans dégrader la sécurité des lieux, notamment pour les piétons», précise Jean-Luc Bourget, directeur de la signalisation au DETA. Les feux jugés inutiles seront ainsi remplacés par des cédez-le-passage ou des stops. Coût des travaux: environ 75'000 fr. pour enlever les signalisations et 50'000 fr. pour les nouveaux marquages sur le bitume.

Le réseau secondaire sera particulièrement concerné par les mesures du DETA. Son conseiller d'Etat, Luc Barthassat, estime que «lorsque les feux sont bien réglés sur les grands axes, on constate une baisse du transit dans les quartiers. Donc là, on peut laisser aller les choses sans feu de signalisation».

Alors que l'étude pour déterminer en détail quelles installations supprimer devrait être achevée cet été, un premier test est déjà en cours depuis plusieurs mois, à la Place d'Armes à Carouge. «Il donne pour l'instant entière satisfaction, assure la Direction générale des transports. A cet endroit, la fluidité du trafic s'est améliorée».

Milieux de la mobilité satisfaits

La section genevoise du Touring Club Suisse salue l'effort du Canton de «supprimer autant que possible les feux inutiles qui n'apportent pas de valeur ajoutée à la sécurité des usagers et à la fluidité», déclare son directeur. Henri-Pierre Galletti juge cependant qu'il faut rester attentif à l'ajout d'autres feux, comme ceux prévus au quai Gustave-Ador. «Il y a des solutions plus efficaces et plus utiles que des signalisations lumineuses, comme par exemple des îlots intermédiaires installés sur la route pour les piétons.»

Pro Vélo applaudit aussi le projet cantonal. «Il y a trop de feux à Genève, clame son porte-parole Rolin Wavre. Ils déresponsabilisent les automobilistes qui, les yeux fixés sur les signaux lumineux, sont alors moins attentifs au trafic, notamment des cyclistes.»

Genève en solitaire

Pour l'heure, l'initiative du DETA semble unique en terres romandes. «Nous avons bien supprimé quelques feux rouges ces dernières années, mais il ne s'agit en aucun cas d'une politique systématique», explique par exemple le canton de Neuchâtel. La Ville de Lausanne précise de son côté n'avoir aucun projet à l'étude pour enlever des signalisations lumineuses sur la centaine de carrefours équipés de la capitale vaudoise. «En Suisse, il n'y a pas de tendance en faveur d'une suppression importante de feux rouges, même si une réflexion est en cours à Bâle», confirme le principal bureau romand d'experts privés en mobilité, Transitec. Selon son directeur Sylvain Guillaume-Gentil, «dans nos agglomérations de plus en plus denses, les signaux lumineux restent un outil efficace et utile. Mais à condition qu'ils soient bien coordonnés et s'inscrivent dans une stratégie globale du trafic automobile et de mobilité douce».

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