Traitements palliatifs: L'Etat veut améliorer les soins aux très malades et mourants

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Traitements palliatifsL'Etat veut améliorer les soins aux très malades et mourants

Les malades en fin de vie doivent pouvoir accéder plus facilement aux soins palliatifs, et leurs proches à un meilleur soutien.

Conscients de l'enjeu au regard du vieillissement et des coûts de la santé croissants, la Confédération et les cantons veulent promouvoir une stratégie nationale.

L'offre reste passablement lacunaire à l'heure actuelle. Si le canton de Vaud ou celui de St-Gall peut être considéré comme exemplaire, les alternatives d'accompagnement médical, psychique, social et spirituel en faveur des mourants et de leurs familles font défaut dans de nombreuses régions.

Il convient donc en premier lieu d'étendre l'offre et le réseau de soins palliatifs. Un plus grand nombre d'équipes mobiles est notamment nécessaire. Le canton de Vaud, par exemple, en compte déjà quatre, qui oeuvrent à domicile ou dans les hôpitaux, a expliqué le conseiller d'Etat et président de la Conférence des directeurs cantonaux de la santé Pierre-Yves Maillard vendredi devant les médias.

Formation et recherche

Des efforts sont aussi requis en matière de formation, tant au niveau des soins de base (80% des cas) qu'au niveau des soins complémentaires et spécialisés. Les professions concernées sont appelées à définir un concept commun. L'idée n'est pas de dupliquer les effectifs de soignants, mais d'intégrer la pratique des soins palliatifs dans le système de santé et les processus de travail, selon le socialiste vaudois.

La stratégie soutenue ces trois prochaines années par la Confédération et les cantons prévoit par ailleurs un programme national de recherche, avec en ligne de mire une meilleure connaissance des besoins des personnes gravement malades. Le Conseil fédéral devrait se prononcer sur ce projet d'ici la fin de l'année, a annoncé le chef du Département fédéral de l'intérieur Pascal Couchepin.

Avoir le choix

Le but est de renforcer la prise de conscience et l'information de la population, manifestement peu au courant des possibilités à sa disposition pour organiser sa dernière phase de vie. Une brochure intitulée «Maladie incurable - et maintenant?» a été publiée. Les résultats d'un sondage sont attendus en décembre.

La thématique des maladies incurables est souvent associé à l'aide au suicide. Pas question toutefois pour les responsables de s'engager sur ce terrain. Pour M. Couchepin, il ne s'agit pas d'opposer les deux choses, mais force est de constater que les soins palliatifs permettent souvent de dépasser les débats sur l'assistance au suicide.

Demande vouée à augmenter

La stratégie nationale ne prévoit aucune mesure de financement. Reste que la question se posera fatalement, sachant que le nombre des décès passera de 60 000 par an actuellement à 90 000 par an en 2050, a relevé le conseiller fédéral sur le départ.

A ses yeux, les coûts des soins palliatifs devraient être intégrés au moins en partie dans l'assurance maladie. La création d'une assurance spécifique n'est pas d'actualité pour lui. Et de souligner «les sommes acceptables» et «l'enjeu de civilisation» autour de cette problématique.

Le canton de Vaud a investi 2 millions de francs dans son programme, ce qui équivaudrait à 20 millions pour l'ensemble du pays ou à un pour mille des dépenses de l'assurance maladie de base, a extrapolé Pierre-Yves Maillard. Il a souligné que, même si l'objectif n'est pas de faire des économies, les soins palliatifs peuvent contribuer à éviter l'acharnement thérapeutique et des opérations coûteuses. (ats)

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