Actualisé 29.01.2019 à 22:58

VenezuelaL'étau se resserre autour de Maduro

La Chine et la Russie ont dénoncé mardi les nouvelles sanctions américaines contre le Venezuela.

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LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

LEs services de renseignements vénézuéliens ont mené une perquisition dans les bureaux du chef de l'opposition Juan Guaido, actuellement en Europe. (Mardi 21 janvier 2020)

AFP
Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

Le secrétaire d'État américain a appelé à en «finir avec la tyrannie» de celui qu'il ne considère plus comme le président du Venezuela. (Lundi 20 janvier 2020)

AFP
L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

L'opposant Juan Guaido s'est rendu dimanche en Colombie pour rencontrer le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo. (19 janvier 2020)

AFP

L'étau se resserre sur le président socialiste Nicolas Maduro à la veille de nouvelles manifestations à l'appel de l'opposant autoproclamé président Juan Guaido. «Les autorités légitimes du Venezuela considèrent ces sanctions comme illégales et nous nous joignons totalement à ce point de vue», a fustigé le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. Il a accusé Washington d'«ingérence flagrante».

«Nous allons défendre nos intérêts dans le cadre du droit international, en utilisant tous les mécanismes à notre disposition», a-t-il ajouté. La Russie a investi des milliards de dollars dans les hydrocarbures et les armes au Venezuela.

Principal créancier de Caracas, la Chine s'est elle aussi dite «opposée à des sanctions unilatérales», via le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Geng Shuang. Ces sanctions «vont mener à une détérioration dans la vie de la population au Venezuela, et (ceux qui les ont imposées) devraient être responsables des graves conséquences».

Bataille diplomatique

Déterminé à provoquer le départ de Nicolas Maduro, le Parlement vénézuélien, dirigé par l'opposant Juan Guaido, 35 ans, qui lui dispute la place à la tête de l'Etat, se réunit mardi pour débattre d'un «plan de sauvetage du pays» et de la possibilité d'«élections libres et transparentes».

Fort de son soutien à l'international, Juan Guaido appelle à manifester mercredi puis samedi, alors que tous les regards sont tournés vers son pays, en plein naufrage économique et au coeur d'une bataille diplomatique internationale. Outre Pékin et Moscou, Nicolas Maduro reste notamment soutenu par la Corée du Nord, la Turquie ou encore Cuba.

Mais de plus en plus de voix se rallient à Juan Guaido, notamment en Europe où six pays (Espagne, France, Allemagne, Royaume-Uni, Portugal, Pays-Bas) ont donné jusqu'à dimanche au président socialiste pour convoquer des élections, faute de quoi ils reconnaîtront son adversaire. Les Etats-Unis ont déjà franchi ce pas et considèrent Juan Guaido comme président par intérim.

Lundi, les Etats-Unis encore fait monter la pression en visant la compagnie pétrolière vénézuélienne PDVSA, à laquelle ils ont interdit de faire du commerce avec des entités américaines et dont ils ont gelé les avoirs à l'étranger. Le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a indiqué que «des sanctions supplémentaires» étaient envisagées. «Le sang qui peut couler au Venezuela sera sur vos mains, Donald Trump», a réagi Nicolas Maduro, furieux après l'annonce de ces sanctions.

Quarante morts en une semaine

Les manifestations d'opposants ont fait plus de 40 morts en une semaine, a annoncé mardi l'ONU à Genève. Le nombre d'arrestations mercredi dernier a constitué un record en 20 ans dans ce pays. Au total, 696 personnes ont été arrêtées en une seule journée.

Selon les indications reçues par le Haut-Commissariat, au moins 26 personnes auraient été tuées par les forces de sécurité ou des groupes armés proches de Nicolas Maduro dans des manifestations. Cinq autres l'auraient été lors des raids «illégaux» menés dans des quartiers où la population soutient plutôt M. Guaido. Les onze restants ont été pris pour cible par des individus lors de pillages.

«Confrontation entre frères»

Jusqu'à présent, Nicolas Maduro se montre inflexible : il rejette l'ultimatum des Européens et accuse les Etats-Unis d'agir en coulisses de ce qu'il considère un coup d'Etat : «L'opposition doit ignorer les appels de l'Empire (les Etats-Unis, ndlr) qui visent à la confrontation entre frères», a-t-il tweeté mardi.

Juan Guaido a affirmé avoir «discuté avec le président (Trump), de même qu'avec d'autres présidents de la région et du monde» et pris le contrôle des actifs du Venezuela à l'étranger et avoir entamé «le processus de nomination des comités de direction de PDVSA et Citgo», filiale de raffineries aux Etats-Unis.

«Ceux qui tentent de saboter la démocratie et de s'en prendre à Guaido en subiront les conséquences», a tweeté John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump. M. Bolton réagissait à la décision du procureur général du Venezuela, Tarek William Saab, de demander l'application de «mesures de précaution» contre M. Guaido, dont l'interdiction de sortir du pays et le blocage de ses comptes.

Le deuxième angle d'attaque de l'opposition et de Washington est l'armée, l'autre pilier qui maintient au pouvoir le chef de l'Etat depuis 2013. John Bolton, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, a exhorté l'armée à accepter une transition «pacifique, démocratique et constitutionnelle» du pouvoir.

Des dissensions commencent à apparaître: attaché militaire du Venezuela à Washington, le colonel José Luis Silva a fait défection samedi. (nxp/ats)

Après les pénuries alimentaires, la crainte de manquer d'essence

Les Vénézuéliens s'inquiétaient mardi face aux nouvelles sanctions annoncées par les Etats-Unis contre la compagnie pétrolière publique PDVSA pour accentuer la pression sur le président Nicolas Maduro. L'essence est pratiquement gratuite au Venezuela, qui possède les plus grandes réserves pétrolières au monde. La production de pétrole brut de PDVSA a chuté à 1,3 million de barils par jour, le plus bas niveau depuis trente ans. Et comme le pétrole du Venezuela est lourd, Caracas doit en raffiner une partie aux Etats-Unis et aussi importer de l'essence de ce pays.

(NewsXpress)

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