Actualisé 22.09.2018 à 08:42

Syrie/IrakL'étau se resserre autour du chef de l'EI

L'homme le plus recherché au monde, Abou Bakr al-Baghdadi, pourrait encore bien échapper à l'assaut lancé dans une zone entre la Syrie et l'Irak, selon des experts.

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La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)

La défense aérienne syrienne a fait face à des missiles israéliens dans le Sud et le Centre de la Syrie. (Jeudi 5 mars 2020)

AFP
Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)

Les frappes russes ont notamment touché le village de Qaminas, au sud de la ville d'Idleb. (Lundi 24 février 2020)

AFP
Les forces du régime syrien ont pénétré dans la ville stratégique de Saraqeb mercredi, poursuivant leur offensive dans la province d'Idleb. (Mercredi 5 février 2020)

Les forces du régime syrien ont pénétré dans la ville stratégique de Saraqeb mercredi, poursuivant leur offensive dans la province d'Idleb. (Mercredi 5 février 2020)

AFP

L'assaut contre le dernier réduit du chef de l'État islamique, aux confins désertiques de la Syrie et de l'Irak, a été lancé. Mais Abou Bakr al-Baghdadi, pourrait échapper à cette offensive, estiment des experts. L'homme le plus recherché au monde a déjà survécu à plusieurs attaques aériennes.

Blessé au moins une fois, il est passé maître dans l'art de la dissimulation et pourrait une fois de plus passer entre les mailles du filet, ajoutent les experts.

«Il se cache dans la région de Badiat al-Sham, la zone confinée entre l'Irak et la Syrie», confie à l'AFP Hisham al-Hachemi, spécialiste irakien du groupe sunnite ultra-radical. «Il se déplace entre al-Baaj (nord-ouest de l'Irak, ndlr) et Hajin en Syrie».

Le 10 septembre, l'alliance kurdo-arabe des forces démocratiques syriennes (FDS), soutenue par la coalition internationale menée par les États-Unis, a lancé la phase 3 de «l'opération Roundup», présentée comme l'ultime étape de l'offensive visant à mettre un terme à la présence de l'EI dans l'Est de la Syrie.

Mercenaires de l'EI

«C'est le dernier bastion des mercenaires de l'EI» a confié sur place, près du village d'al-Soussa, le commandant kurde Zaradecht Kobané à des journalistes de l'AFP. «Tous les dirigeants et les émirs étrangers sont rassemblés dans les localités de Soussa, Hajine et Al-Chaafa. Nous allons les éliminer ici».

Mais localiser al-Baghdadi risque de ne pas être aussi simple, assure à l'AFP Hassan Hassan, spécialiste des mouvements djidahistes dans la région et chercheur au Program on Extremism de la George Washington University de Washington.

«Il a appris à bien se cacher», dit-il. «Lui et son groupe ont tiré les leçons de leurs erreurs qui ont coûté la vie, en 2010, à leur chef Abou Omar al-Baghdadi et à leur chef militaire Abou Hamza al-Mouhajir (...) Cela signifie que seul un tout petit nombre de personnes de confiance savent où il est».

Au début mai, un général des services de renseignement irakien avait expliqué à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, qu'Abou Bakr al-Baghdadi se déplaçait discrètement en Syrie, le long de la frontière avec l'Irak «accompagné de quatre ou cinq personnes»', dont son fils et son gendre.

Si sur les cartes ces zones semblent restreintes, «sur le terrain ce sont de vastes régions de montagnes, de déserts, de lits de rivières et de villages en Irak et en Syrie, qui offrent de nombreuses caches» assure Hassan Hassan.

Cellules clandestines

«Désormais les Irakiens et les Syriens» - fortement appuyés par les capacités technologiques de la coalition - «ont les ressources pour le repérer», ajoute-t-il. «Il pourrait être capturé à la faveur d'une erreur, que lui ou ses hommes commettraient».

Une erreur comme celle qui a failli lui coûter la vie le 3 novembre 2016, a révélé en janvier le Guardian. Lors de l'assaut de l'armée irakienne et des forces kurdes d'Irak contre Mossoul, le «calife» autoproclamé a parlé pendant 45 secondes à ses hommes dans un talkie-walkie, se faisant immédiatement repérer.

«Ses gardes lui ont immédiatement pris la radio», a confié au quotidien britannique un haut responsable kurde, qui a entendu l'appel. «Ils avaient compris ce qu'il venait de faire».

S'il parvient une nouvelle fois à éviter l'encerclement, le chef de l'EI pourrait rejoindre les cellules clandestines du mouvement, dans une autre région de Syrie ou en Irak.

Selon Hisham al-Hachemi, l'EI disposerait encore d'environ deux mille djihadistes actifs en Irak - 8000 au total en ajoutant les responsables de la logistique et les partisans - et d'environ trois mille combattants actifs en Syrie - 12'000 avec la logistique et les partisans.

L'opération «Roundup» pourrait pousser quelque 500 djihadistes combattant en Syrie à se replier vers l'Irak, «à travers les provinces de l'Anbar, à l'ouest et de Baaj, au nord-ouest», précise-t-il. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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