Actualisé 19.01.2012 à 08:24

Touristes tuésL'Ethiopie veut «répondre à l'attaque»

L'Ethiopie a indiqué jeudi qu'elle étudiait comment «répondre à l'attaque» qu'elle attribue à son voisin érythréen, après la mort de cinq touristes européens et l'enlèvement de plusieurs autres.

«Nous étudions comment répondre à cette attaque», a indiqué jeudi à l'AFP Dina Mufti, porte-parole du ministère éthiopien des Affaires étrangères. «Il y a des forces de sécurité (éthiopiennes) dans le secteur», a-t-elle ajouté sans préciser quel pourrait être leur rôle.

L'Erythrée a pour sa part jugé «ridicules» les accusations éthiopiennes, estimant dans un communiqué que Addis Abeba «accusait régulièrement l'Erythrée d'actions militaires menées en fait par ses propres mouvements d'opposition internes».

Les forces de sécurité éthiopiennes ont fermé l'accès à la région désertique du nord-est, dans la dépression de Danakil, où un groupe de touristes étrangers a été attaqué par des inconnus dans la nuit de lundi à mardi.

Touristes tués

Deux Allemands, deux Hongrois et un Autrichien ont été tués par balles, deux ressortissants belge et britannique blessés, et au moins deux autres étrangers enlevés par les agresseurs, selon un recoupement des bilans donnés par Addis Abeba et par les capitales européennes concernées. Un chauffeur et un policier éthiopiens ont également été enlevés, selon le gouvernement éthiopien.

«Nous craignons que les gens qui ont été enlevés aient pu être emmenés de l'autre côté de la frontière, en Erythrée», a indiqué le ministère éthiopien des Affaires étrangères dans un communiqué.

La porte-parole a répété que l'attaque, d'une ampleur sans précédent contre des touristes en Ethiopie, avait été perpétrée selon elle à l'instigation de l'Erythrée, qui a fait sécession de l'Ethiopie en 1993.

«L'Erythrée a fait cela de façon répétée et nous attendons toujours que la communauté internationale réagisse», a-t-elle déclaré.

Pas une première

En 2004, un touriste français avait disparu sans laisser de traces dans la région, où sévissent des bandes criminelles armées. En mars 2007, cinq touristes européens, dont une Française, y avaient encore été enlevés, puis libérés, par un groupe de rebelles.

Une guerre a opposé l'Ethiopie et l'Erythrée entre 1998 et 2000, et les relations demeurent depuis extrêmement tendues. Une instance d'arbitrage internationale avait donné raison à Asmara dans le différend territorial à l'origine du conflit, mais Addis Abeba a refusé depuis de céder le territoire concerné. (afp)

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