Genève: L'étiquette d'aéroport à bas coût récusée
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GenèveL'étiquette d'aéroport à bas coût récusée

La présidente de l'aéroport de Genève Corine Moinat récuse avec force l'étiquette d'aéroport «low cost» (à bas coût). Elle en veut pour preuve l'investissement dans une aile pour les gros porteurs.

Si EasyJet détient 42% des parts de marché, les compagnies traditionnelles restent majoritaires, a affirmé mardi la nouvelle présidente, entrée en fonction en janvier, dans un entretien accordé au «Temps». «Je récuse avec force» l'étiquette d'aéroport «low cost». a-t-elle dit.

«Ce ratio correspond d'ailleurs à la moyenne européenne, pour des structures comparables», a-t-elle précisé. «Si Cointrin était véritablement une plateforme low cost, elle n'investirait pas dans une aile Est pour les gros-porteurs», a ajouté Corine Moinat.

Elle défend l'activité des compagnies du Golfe, accusées de concurrence déloyale, qui «amènent des touristes à fort pouvoir d'achat». «Les hubs moyen-orientaux sont aujourd'hui incontournables et nous avons besoin d'y être connectés», affirme la présidente de l'aéroport de Genève.

L'aviation d'affaires, dont le salon annuel EBACE a lieu du 19 au 21 mai prochain à Cointrin, représente environ 30% du trafic. Genève aréport est la deuxième plate-forme la plus importante d'Europe en la matière après Paris-Le Bourget.

Investissements en cours

L'aéroport investit plus de cent millions de francs par an pour répondre à une demande croissante, quelque 25 millions de passagers à l'horizon de 2030 contre 15 millions l'an dernier, rappelle Corine Moinat.

L'enfouissement de la route douanière venant de Ferney a coûté 40 millions. L'adaptation de la halle de fret est prévue pour accueillir 100'000 tonnes de marchandises par an, le parking principal et le réseau hydrant ont été rénovés. La réfection du front de l'aérogare, pour 80 millions, doit aboutir cette année.

Franc fort

Interrogée sur les répercussions du franc fort, Corine Moinat a affirmé que la situation «sera plus claire dans quelques mois».

«Il y aura des conséquences sur le chiffre d'affaires des commerces», a-t-elle indiqué, mais elle s'attend à ce que «les Suisses voyagent plus et compensent en partie la baisse éventuelle des visiteurs étrangers». L'aéroport abrite quelque cent enseignes commerciales, dont 20 dans la gare contiguë.

Le 30 mars dernier, Genève Aéroport avait indiqué avoir généré l'an dernier un chiffre d'affaires de 403,8 millions de francs, en hausse de 7,3% par rapport à 2013. Le bénéfice net a atteint 88,3 millions grâce à la hausse du nombre de passagers et des revenus.

L'an dernier, 15,1 millions de passagers, soit 5% de plus qu'en 2013, ont utilisé les services de l'aéroport, et le nombre de passagers a encore augmenté de 3,3% en janvier et février 2015. Les recettes aéronautiques, en hausse de 11,6%, ont représenté 53,8% des recettes totales l'an dernier. Les redevances commerciales (magasins, restaurants, parkings, loyers), avec 46,2% du total, ont enregistré une croissance plus modeste de 2,7%. (ats)

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