Saut à skis: L'étonnant pari de Simon Ammann
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Saut à skisL'étonnant pari de Simon Ammann

Le Saint-Gallois a fait une première apparition devant les médias depuis sa terrible chute survenue à Bischofshofen le 6 janvier, quelques jours avant le début des Mondiaux de Falun.

Le sauteur du Toggenburg a décidé de modifier son télémark, après ses deux chutes à l'atterrissage durant la Tournée.

Le sauteur du Toggenburg a décidé de modifier son télémark, après ses deux chutes à l'atterrissage durant la Tournée.

«Je ne veux pas regarder en arrière, je vous demande de la compréhension!»: pour sa première apparition devant les médias depuis sa commotion cérébrale survenue lors du dernier concours de la Tournée des Quatre Tremplins, Simon Ammann s'est montré à la fois disponible et très prudent, à trois jours de son concours au petit tremplin aux Mondiaux de Falun. Pas question d'évoquer la chute, ni des objectifs précis.

Le saut est un sport très «psychologique», où tout peut basculer d'un instant à l'autre suivant son état mental, pour le meilleur et pour le pire. Fort de ces considérations, Ammann, qui effectuera en Suède sa première compétition depuis six semaines, entreprend tout pour rester dans sa bulle, parfaitement concentré sur son objectif. Il recherche ce qu'il appelle le «Tunnelblick», une pensée canalisée qui lui permet d'éviter toute réflexion parasite.

Un nouveau télémark

Partant, le quadruple champion olympique a éludé de nombreuses questions. «Vous devez le comprendre. Ces dernières semaines, il a été assailli de questions, toujours les mêmes, sur sa chute, ses sensations, les conséquences... Aujourd'hui, il veut éviter de ruminer le négatif et de trop revenir en arrière», explique son fidèle entraîneur Martin Künzle.

Ammann se lance un sacré pari: il va modifier son télémark pour le concours de samedi. A la place de se réceptionner avec le pied gauche en avant, comme ces dernières années, il se posera avec le pied droit devant le gauche. Un changement important, mais pas impossible à surmonter, sachant que le quadruple médaillé mondial avait déjà sauté ainsi durant ses jeunes années. Pourquoi ce bouleversement soudain? «Après ses deux chutes sur la Tournée - il était également tombé à Oberstdorf -, Simon redoute de continuer comme avant. Ses chutes étaient aussi liées au fait qu'il s'était réceptionné le buste trop penché en avant. Simon a pensé qu'il devait changer quelque chose», explique Künzle.

Le souvenir de Salt Lake City

La question qui brûle les lèvres n'est posée qu'à demi-mots: Ammann peut-il jouer les premiers rôles? «Je ne formule pas d'objectif. Je n'ai aucune pression. J'espère une bonne performance», déclare l'intéressé, par ailleurs «très content de se retrouver à Falun aux côtés de trois coéquipiers» (Luca Egloff, Killian Peier et Gregor Deschwanden).

Künzle se montre plus disert: «Nous sommes outsiders. Avec Simon, tout reste toujours possible. Il est venu ici à Falun parce qu'il aime passionnément le saut. Les derniers tests se sont révélés très satisfaisants, mais nous avons eu très peu de temps.»

De fait, le défi est immense: pendant les trois semaines qui ont suivi sa chute, Ammann n'a rien pu faire, repos complet. «Puis, il a recommencé à bouger un peu, avant que nous reprenions contact avec le tremplin. Il a effectué une trentaine de sauts à Oberstdorf en quatre jours», détaille Künzle.

Le miracle de Salt Lake City pourra-t-il se reproduire? En 2002, Ammann décrochait son premier titre olympique dans l'Utah pour son concours de rentrée... pile un mois après avoir subi une commotion cérébrale à l'entraînement. Un retour époustouflant. «La situation d'aujourd'hui est-elle comparable? «A l'époque, j'avais 20 ans», répond simplement Ammann, énigmatique. (ats)

Aucun souvenir de la chute

Simon Ammann n'a aucun souvenir de sa chute à Bischofshofen.

«Il a tenu à revoir les images deux jours après l'accident, pour comprendre ce qui est arrivé. Je les lui ai montrées à l'hôpital», explique son entraîneur Martin Künzle.

Une commotion cérébrale sévère implique ensuite tout un processus pour surmonter psychologiquement le traumatisme. La question de savoir s'il est judicieux, dans cette optique, de revoir ou non les images de l'accident peut se poser. Mais pour Künzle, la réponse a vite été trouvée: dès le moment où le patient voulait «voir», pas question de lui empêcher l'accès aux images. «Sur youtube ou ailleurs, il aurait de toute façon pu les consulter partout.»

Ammann se souvient de sa prise d'élan à Bischofshofen mais pas de la suite. Black-out sur la chute. Il est resté inconscient un moment après l'impact. «En revoyant les images, les premiers mots qu'il a eus a été de dire 'mais ça n'a pas l'air si grave (la chute). C'est pour ça que je me retrouve à l'hôpital'?», évoque Künzle. Le choc, pourtant, a été profond: «Pendant la semaine qui a suivi, Simon avait le visage très enflé et beaucoup d'éraflures au visage», évoque-t-il.

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