Genève: L'étonnante maquette de la Ville exposée au public

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GenèveL'étonnante maquette de la Ville exposée au public

L'ouvrage, débuté en 1984, est enfin achevé. Cet outil de travail d'une stupéfiante précision est cependant voué à évoluer.

par
Jérôme Faas

Vidéo: WebTV Genève

Embrasser toute la Ville d'un regard, y chercher des repères et des lieux connus, observer des perspectives et des détails que seule la hauteur rend accessibles, découvrir comment les quartiers et bâtiments en projet s'intégreront au bâti existant : voilà tout ce que permet l'immense, précise et impressionnante maquette de la Ville de Genève. Pour la première fois, elle est présentée dans son intégralité au public, au rez-de-chaussée du 25 rue du Stand, du mercredi au samedi de 11h à 18h.

Trente-deux ans de travail

Débutée en 1984, la maquette est constituée de 145 modules de 60 cm par 80 cm. Elle représente la totalité des 16 km2 du territoire de la Ville de Genève, au 1/500e. Autrement dit, un mètre y égale deux millimètres. Le souci du détail y est poussé à l'extrême, notamment celui des toitures. «En revanche, hormis pour certains bâtiments comme la cathédrale, le choix a été fait de ne pas ouvrager les façades. Les balcons, par exemple, n'y figurent pas», explique Bojana Vasiljevic Menoud, cheffe du service de l'urbanisme. Tous les arbres, réalisés en loofah, une courge nord-africaine, sont eux reproduits. «Mais nous ne les faisons pas pousser», sourit Christine Rinza Kunz, responsable de la maquette.

Tous les bâtiments ont été réalisés à la main (sauf un, le pont Wilsdorf, façonné avec une imprimante 3D), sur la base de mesures précises: le cadastre pour l'emprise au sol, des photos prises par avion par des géomètres pour les hauteurs, et donc les volumes. Puis, des maquettistes privés conçoivent les pièces au 1/10e de millimètre.

Un outil pour les architectes

Saisissante, la maquette n'a pourtant pas pour vocation de rester en tout temps exposée au public. «Il s'agit avant tout d'un outil de travail», explique le conseiller administratif Rémy Pagani. «Elle est très utile aux urbanistes et architectes qui viennent y tester leurs projets, détaille Bojana Vasiljevic Menoud. Ses modules sont aussi utilisés pour des négociations, des séances publiques. C'est un instrument pédagogique, pour les écoles. Enfin, les parties supprimées constituent les archives, les mémoires de la ville.» La montrer en permanence reviendrait donc à la figer, ce qui la viderait de son sens.

La polémique Cologny-Parc à l'origine

Sa nature est d'intégrer les nouveautés. C'est d'ailleurs pour cela que sa conception a débuté. «Elle est née au début des années 80, quand des bâtiments de très hauts gabarits étaient construits à Cologny-Parc, sur le plateau de Frontenex, se souvient Bojana Vasiljevic Menoud. Certains imaginaient que l'on donnait des autorisations de construire sans imaginer l'impact sur les perspectives.» L'utilité de se représenter les choses de manière tactile demeure, juge Rémy Pagani. «Malgré la 3D, il existe un besoin de toucher, pour que naissent des contradictions entre les mains et l'esprit, que l'on n'arrive pas à obtenir avec l'informatique seule.»

Les photos de la maquette

La Ville de Genève expose sa maquette

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