Actualisé 15.04.2020 à 05:34

Coronavirus en Inde

L'étrange punition infligée à un touriste récalcitrant

Un individu pincé par un policier sur une plage en plein confinement a dû écrire 500 fois la même phrase d'excuses.

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Le Premier ministre indien Narendra Modi a annoncé mardi la prolongation au moins jusqu'au 3 mai du confinement de son pays, qui compte 1,3 milliard d'habitants. Un confinement sévère est en place au niveau national depuis le 25 mars dans la deuxième nation la plus peuplée de la planète. Il avait été initialement déclaré pour trois semaines. Mais face à l'accélération de la croissance de cas locaux de Covid-19, de nombreux États indiens avaient appelé ces derniers jours le gouvernement central à prolonger le dispositif.

Pour faire respecter les consignes, la police patrouille un peu partout mais ne sévit pas à chaque fois de la même manière. Comme le montre une vidéo publiée lundi sur Twitter, un individu qui profitait du soleil sur une plage de la ville de Rishikesh (nord de l'Inde) s'est fait remonter les bretelles par les forces de l'ordre. «J'aurais pu vous envoyer en prison, mais je vous donne une punition», lui a lancé le policier. En guise de châtiment, le touriste a dû écrire 500 fois la phrase «Je n'ai pas suivi les règles de confinement, je suis vraiment désolé».

Comme l'explique «Le Parisien», la police indienne fait régulièrement preuve d'imagination pour faire respecter le confinement. Dans d'autres régions, certains habitants attrapés dehors ont dû faire des squats ou des saute-mouton. Et on a également vu des agents déguisés se lancer dans des chorégraphies pour inciter les citoyens à rester chez eux.

Réaction salvatrice

Selon le dernier bilan officiel mardi matin, l'Inde a recensé à ce jour 10'363 cas confirmés de coronavirus et 339 morts. Ces chiffres sont vraisemblablement sous-estimés en raison de la faiblesse du dépistage. Le chef de gouvernement s'est félicité que l'Inde ait décrété ce confinement alors que le nombre de cas était encore relativement peu élevé sur son territoire. Si cette décision n'avait pas été prise, «la situation de l'Inde aurait été différente. De l'expérience de ces derniers jours, il est clair que la voie que nous avons choisie est correcte», a-t-il estimé.

Le géant d'Asie du Sud est au point mort depuis la fin mars. Les transports publics sont à l'arrêt et les frontières entre les différents États fermées. La sévérité de la mise en oeuvre du confinement a laissé des milliers de camions d'approvisionnement bloqués sur les autoroutes indiennes et des employés de secteurs essentiels ne peuvent plus se rendre au travail. Avec la perturbation des chaînes d'approvisionnement, même des secteurs cruciaux comme les commerces alimentaires font face à des difficultés pour fonctionner.

Distributions de nourriture

L'arrêt de l'activité a porté un coup terrible aux Indiens les plus pauvres, qui vivent au jour le jour et ont peu ou pas d'économies. Des millions de travailleurs journaliers se sont retrouvés soudain sans gagne-pain et ont dû rentrer à pied dans leur village, marchant parfois des centaines de kilomètres. Privés de ressources, nombre d'Indiens dépendent aujourd'hui pour survivre des distributions de nourriture opérées par les autorités ou des organisations caritatives.

À partir du 20 avril, les districts les moins touchés pourraient bénéficier d'assouplissements du confinement, au cas par cas, pour reprendre un semblant d'activité, a indiqué Narendra Modi dans son allocution. De nouvelles règles pour le fonctionnement de secteurs essentiels, comme l'industrie et l'agriculture, seront annoncées mercredi. Des analystes s'attendent à une croissance de seulement 1,5 à 2% pour cette année en Inde, bien en-dessous des 8% en progression annuelle dont elle a besoin pour absorber le million de jeunes entrant chaque mois sur son marché du travail.

Squats, pompes, coups de bâton en Inde

(joc/afp)

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