Devises: L'euro passe sous le seuil de 1,30 dollar

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DevisesL'euro passe sous le seuil de 1,30 dollar

L'euro est passé sous le seuil de 1,30 dollar mardi, pour la première fois depuis un peu plus d'un an, miné par la crise des dettes souveraines en Europe.

L'euro a enchaîné les plus bas.

L'euro a enchaîné les plus bas.

Vers 21h05, l'euro valait 1,3001 dollar, contre 1,3187 dollar lundi vers 23 heures. Il est tombé jusqu'à 1,2994 dollar quelques minutes plus tôt.

La monnaie unique européenne a enchaîné les plus bas au cours de la séance, en pleine débâcle des marchés financiers, minée par des inquiétudes sur les dettes souveraines en Europe non seulement en Grèce mais dans d'autres pays de la zone euro, en particulier l'Espagne.

C'est la première fois depuis le 28 avril 2009 que l'euro évolue sous le seuil, psychologiquement important, de 1,30 dollar.

De son côté, le franc était stable face à l'euro à 1,4327 franc pour un euro, et en baisse face au dollar, à 1,1012 franc pour un dollar.

Malgré l'accord de la zone euro et du Fonds monétaire international (FMI), pour des prêts de 110 milliards d'euros sur trois ans, obtenu ce week-end par la Grèce, l'euro restait durement pénalisé par la crainte que ce pays ne parvienne pas à redresser ses finances publiques et que la crise ne s'étende à d'autres membres de la zone euro, ce qui pourrait compromettre la survie même de la monnaie unique.

«Même après le plan de sauvetage de ce week-end, l'euro n'est pas capable de se redresser face au dollar», constate Ulrich Leuchtmann, économiste chez Commerzbank, pour qui «une reprise temporaire (de l'euro) n'est plus à espérer».

Autres pays en danger

Tout en jugeant le risque de défaut de paiement de la Grèce écarté à court terme, les experts estiment en effet que la Grèce est loin d'être tirée d'affaire et qu'elle pourrait entraîner dans sa chute d'autres pays fragiles de la zone euro.

«Des mesures d'austérité dures augmentent le risque de troubles sociaux, ce qui pourrait faire échouer la consolidation budgétaire», s'inquiète ainsi Lee Hardman, économiste chez Bank of Tokyo Mitsubishi. En outre, «l'accord pourrait ne servir qu'à transférer les pressions du marché sur d'autres pays membres de la zone euro en position financière difficile», ajoute M. Hardman.

Autre épine dans le pied de la monnaie unique, la Banque centrale européenne a décidé lundi d'assouplir ses règles de crédit pour les obligations grecques, une mesure exceptionnelle prise pour la bonne cause mais en contradiction avec ses principes et susceptible d'écorner sa crédibilité.

Fondée sur une argumentation «douteuse», cette décision «n'est pas exactement de nature à améliorer la crédibilité de la BCE et elle pourrait faire pression sur l'euro», juge M. Leuchtmann.

(ats/afp)

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