Actualisé 03.08.2011 à 07:46

Devises

L'euro tombe sous la barre de 1,10 franc

L'euro a inscrit mardi un nouveau record de faiblesse face à la monnaie helvétique, la monnaie unique tombant sous la barre de 1,10 franc.

Le franc a poursuivi son appréciation mardi en inscrivant un nouveau record face à l'euro et au dollar. Les doutes sur l'avenir de l'économie américaine ont continué à peser fortement sur les marchés, la Bourse suisse plongeant de plus de 4% à la clôture.

Le soulagement suscité par l'accord sur la dette américaine n'aura donc été que de courte durée, laissant très vite place à la défiance.

Certes, le pire scénario, celui du défaut de paiement, a sans doute été évité. Mais l'arbre n'a pu longtemps cacher la forêt, à savoir une dette américaine abyssale et une croissance anémique. Autant d'éléments faisant craindre une possible dégradation historique de la note de crédit des Etats-Unis.

Dans ce contexte, la pression est remontée sur les économies européennes les plus frêles. Et la devise helvétique a plus que jamais joué son rôle de valeur refuge, à l'instar du yen et de l'or, ce dernier inscrivant d'ailleurs mardi un nouveau record avec une once à près de 1636 dollars.

Après être passé une première fois durant la matinée sous la barre de 1,10 franc, l'euro s'échangeait vers 19h00 au nouveau record de 1,0847 franc. En début d'année, la monnaie unique valait encore 1,30 franc environ. Plus loin, à l'automne 2007, elle notait plus de 1,65 franc.

De son côté, le billet vert est passé sous 77 centimes vers 19h00, à 76,42 centimes précisément, contre un plus bas niveau historique atteint la veille à 77,29 centimes. Début 2011, il s'échangeait encore à la parité.

Marchés en berne

La nervosité sur le marché des changes se percevait également sur les places financières mondiales, qui cédaient au pessimisme, malgré l'adoption lundi soir de l'accord par la Chambre des représentants, puis du Sénat mardi soir.

La Bourse suisse a lourdement chuté mardi. A la clôture, le Swiss Market Index (SMI) décrochait de plus de 4% (4,09% exactement), glissant sous les 5550 points - du jamais vu depuis deux ans, soit juillet 2009.

Ce plongeon s'explique par un phénomène de rattrapage après sa fermeture la veille pour cause de fête nationale. Il a aussi fait suite à la publication de mauvais indicateurs économiques en provenance des Etats-Unis.

Après les chiffres décevants du produit intérieur brut (PIB) annoncés vendredi et de l'activité de l'industrie manufacturière lundi, ceux de la consommation des ménages mardi sont venus rappeler la faiblesse de l'économie américaine.

Taux à 10 ans record

Les Bourses européennes reculaient également mardi, mais dans une moindre ampleur que la Bourse suisse, après avoir déjà plongé lundi. Francfort a terminé en baisse de 2,26%, Paris de 1,82% et Londres de 0,97%.

Autre conséquence des doutes à l'égard de l'économie américaine, les investisseurs se sont rués sur les titres jugés les plus sûrs, bénéficiant de la meilleure note possible, le triple A, comme par exemple la dette allemande qui sert de référence.

Ce qui, par un effet de vases communicants a entraîné les taux des obligations espagnoles et italiennes à 10 ans à de nouveaux plus hauts historiques depuis la création de la zone euro.

Outre ces deux pays, en première ligne des craintes de contagion de la crise de la dette en zone euro, les taux à 10 ans du Portugal grimpaient également. Ceux de la Grèce étaient relativement stables. (ats)

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