L'Europe meurtrie après la forte tempête de ce week-end
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L'Europe meurtrie après la forte tempête de ce week-end

L'Europe pansait ses plaies ce week-end après la forte tempête qui a causé depuis jeudi la mort d'au moins 47 personnes et des dégâts importants.

Un porte-conteneurs britannique endommagé a lui été échoué à proximité des côtes du sud de la Grande-Bretagne.

Le continent européen s'est réveillé samedi matin sous un vent léger, soufflant parfois encore en rafales aux Pays-Bas, mais sans comparaison avec les bourrasques qui avaient atteint en fin de semaine jusqu'à 200 kilomètres/heure en certains endroits.

Seule la mer paraissait encore déchaînée, perturbant le remorquage commencé jeudi du porte-conteneurs britannique MSC Napoli, alors en perdition à l'entrée de la Manche. Les sauveteurs ont décidé de l'échouer près de Sidmouth, dans le Devon, au vu des «dégâts importants» subis par sa structure.

Malmené par la mer, le bâtiment a perdu dans l'opération cinquante conteneurs. Dimanche à l'aube, une cinquantaine de garde-côtes ont été déployés pour tenter de repérer et sécuriser ces conteneurs, avant de les récupérer. La télévision Sky News évoquait des traînées à la surface de l'eau.

1700 tonnes de matière toxique

Les conteneurs ne contiendraient pas de produits dangereux qui «sont en général placés à l'intérieur du chargement et pas sur les bords», a indiqué dimanche un porte-parole des garde-côtes. Selon lui, ces matières dangereuses se trouvent dans environ 150 conteneurs, sur les 2394 présents sur le navire.

Le MSC Napoli transportait notamment près de 1700 tonnes de matières considérées comme toxiques. Ses 26 hommes d'équipage ont pu être sauvés.

Lourd bilan humain

Le bilan humain des intempéries n'en est pas moins élevé: jusqu'à ce jour 47 personnes ont trouvé la mort. La Grande-Bretagne, qui a connu sa pire tempête depuis 17 ans avec des vents à 160 km/h, a payé le plus lourd tribut avec au moins treize personnes tuées.

Onze personnes sont mortes en Allemagne, sept aux Pays-Bas, six en Pologne, quatre en République tchèque, trois en France, deux en Belgique et une en Ukraine.

Baptisée Kyrill, la tempête a laissé dans son sillage pour plusieurs centaines de millions de francs de dégâts et plus de deux millions de foyers au total ont été privés d'électricité en République Tchèque, en Pologne, en Autriche, en Allemagne ou encore au Pays de Galles.

En Allemagne, le réseau ferroviaire à même été totalement interrompu pour la première fois de son histoire.

Dégâts matériels énormes

En Pologne, «les pertes n'ont pas encore été évaluées, mais elles sont énormes», a indiqué un porte-parole des sapeurs- pompiers. Le nouveau terminal de l'aéroport international Okecie à Varsovie a été endommagé, et a été partiellement fermé.

Les livraisons de pétrole russe à l'UE ont été interrompues vendredi après que les vents ont coupé en Ukraine l'électricité dans la station de pompage d'un pipeline.

En République Tchèque, la tempête a également fait des ravages dans les forêts du pays, avec des pertes de millions de mètres cubes, selon l'Office national des forêts. Plus de 200 toits ont été arrachés en Autriche, l'aéroport d'Amsterdam-Schipol aux Pays- Bas a été endommagé et le trafic aérien a été perturbé dans les aéroports londoniens d'Heathrow et Gatwick.

Voies d'accès rouvertes en Suisse

En Suisse, le chemin de secours qui avait été coupé par les intempéries de vendredi dans la commune grisonne de Valzeina, a été rouvert samedi.

A Appenzell, les effets de la tempête Kyrill sont également rangés au rang de mauvais souvenir. Vendredi matin, un train était sorti de ses rails sans faire de blessé mais causant d'importants dégâts. Les chemins de fers appenzellois (AB) circulent à nouveau normalement.

(ats)

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