Crise du gaz résolue: L'Europe reparle des énergies alternatives
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Crise du gaz résolueL'Europe reparle des énergies alternatives

La crise gazière, qui a privé les Européens pendant 15 jours du gaz russe, leur a révélé les dangers d'un approvisionnement énergétique unilatéral.

Elle a poussé les responsables des pays touchés à promettre le développement rapide de sources d'énergies alternatives.

Après les annonces mardi en provenance de Slovaquie, de Hongrie, de Bulgarie, de Croatie, de Bosnie, de République tchèque, d'Autriche et de Slovénie que l'approvisionnement en gaz dans ces pays était revenu à la normale, mercredi, l'Allemagne, l'Italie, la Serbie, la Macédoine, la Pologne, la Roumanie et la Grèce étaient à leur tour à nouveau alimentées.

Le géant gazier russe Gazprom a rouvert ses robinets mardi au lendemain de la signature de l'accord entre Moscou et Kiev sur le prix du gaz naturel et les coûts de son acheminement en Europe. Il a ainsi mis fin à la plus longue crise gazière jamais survenue en Europe.

Diminuer la dépendance

L'Allemagne, la Pologne et l'Autriche ont été relativement épargnées par l'absence d'approvisionnement en gaz russe en raison de leurs réserves importantes. La fermeture des robinets russes a toutefois sonné l'alerte dans leurs capitales.

A Berlin, la crise a relancé le débat sur le renoncement à la sortie progressive du nucléaire d'ici à 2020. Le ministre de l'Economie, Michael Glos, a ainsi plaidé pour une diversification des sources énergétiques et la diminution de la dépendance de l'Allemagne au gaz.

Construire des centrales

La Pologne recevait 84% des volumes habituels de gaz russe via le Bélarus pendant la crise, limitant à deux le nombre d'entreprises dont l'approvisionnement a été rationné.

Le gouvernement a néanmoins annoncé son intention de se doter à l'horizon de 2020 de «une à deux» centrales nucléaires pour diversifier ses sources. L'électricité polonaise provient à 94% de centrales à charbon.

Le Premier ministre Donald Tusk a également promis d'accélérer la construction d'un port pour méthaniers et des accords avec le Qatar et le Koweït pour la livraison de gaz naturel liquéfié.

Diversifier les fournisseurs

En Autriche, la modification de la production d'électricité, à partir de pétrole au lieu du gaz naturel manquant, a occasionné des surcoûts de 5 millions d'euros (7,4 millions de francs) par semaine, selon le groupe EVN. Toutefois les entreprises n'ont pas souffert de pénurie, le pays disposant d'importantes réserves de gaz.

Le ministre autrichien de l'Economie Reinhold Mitterlehner a promis mercredi de doter le pays «de la plus grande bourse de gaz d'Europe» et de diversifier les fournisseurs.

Il s'agit d'aggrandir la plate-forme de distribution de Baumgarten (est), par laquelle transitent annuellement 64 milliards de m3 vers l'Allemagne, l'Italie, la France, la Slovénie, la Croatie et la Hongrie.

Pertes abyssales

En revanche, la Slovaquie, la Bulgarie et hors de l'UE, la Croatie et la Serbie ont connu des ralentissement économiques importants. La crise gazière est venue aggraver la santé déjà chancelante de certaines industries frappées par la crise financière.

Aucun montant précis des coûts de l'arrêt des livraisons, qui avaient repris partout mercredi, n'a pu être établi dans l'immédiat.

Le gouvernement slovaque a estimé les pertes à 100 millions d'euros (148 millions de francs) par jour: un millier d'entreprises, dont les constructeurs auto PSA et Kia, ont été contraintes d'arrêter la production pendant une semaine. Bratislava et Sofia ont demandé une intervention de l'UE pour réclamer des compensations à Moscou et Kiev. (ats)

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