Médecine: L'Europe s'unit contre les venins
Actualisé

MédecineL'Europe s'unit contre les venins

Quatre années de travail ont été nécessaires pour réunir ce qui constitue la plus grande banque de données en la matière du monde.

Serpents, scorpions, araignées, anémones de mer, fourmis, lézards... La plus grande banque de données sur les venins au monde, source potentielle de futurs médicaments, va voir le jour dans le cadre du projet européen Venomics.

Cette base de données unique sera accessible aux chercheurs dès la fin du mois, a indiqué vendredi Frédéric Ducancel de l'Institut des maladies émergentes et des thérapies innovantes (CEA-IMETI), membre du consortium Venomics, en présentant un premier bilan. Il a fallu quatre ans de travail pour réunir toutes ces informations.

Plus de 200 espèces animales

Les scientifiques auront à leur disposition plus de 25'000 «séquences de toxines» (analyses génétiques) provenant d'échantillons de 203 espèces animales allant de quelques grammes, comme la majorité des araignées, à plusieurs kilos, comme le serpent mamba.

Pas moins de 4000 toxines (mini-protéines ou «peptides») ont ainsi pu être produites in vitro à partir des venins étudiés et font l'objet de recherches. Elles sont stockées à Saclay, en banlieue parisienne.

«Cet inventaire a révélé que la moitié de ce qui a été identifié dans les venins étudiés ne correspondait à rien de ce qui était connu, au plan génétique et biologique», selon le chercheur.

Médicaments issus des venins

Dans l'histoire de la pharmacologie, il y a déjà des exemples de médicaments issus de la recherche sur les venins comme l'antidiabétique Byetta (salive du monstre de Gila, un lézard venimeux) ou l'anti-douleur Prialt (venin d'un escargot).

Les technologies modernes, telles que la génomique, le séquençage de l'ADN à grande échelle ou l'étude des protéines, ont permis d'accélérer la recherche de molécules candidates à devenir de futurs médicaments dans le domaine de l'obésité, du diabète, des allergies, de l'immunologie, des maladies cardiovasculaires, voire du cancer. Une trentaine ont déjà été repérées.

Développement espéré

Le projet Venomics, qui a bénéficié d'un financement européen de 6 millions d'euros (6,6 millions de francs), associe des partenaires de Belgique, Danemark, Espagne, France et Portugal, issus du secteur privé et du secteur public. Mais les chercheurs espèrent pouvoir trouver de nouveaux financements pour poursuivre cette exploration.

«Il existe 150'000 à 200'000 espèces venimeuses, voire plus, représentant des dizaines de millions de molécules potentielles», relève Frédéric Ducancel.

Deux autres bases de données de ce type existent déjà dans le monde, l'une pour les serpents et l'autre pour les araignées. (nxp/afp)

(NewsXpress)

Ton opinion