Jean-Claude Juncker: «L'évaluation de S&P est éxagérée et injuste»
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Jean-Claude Juncker«L'évaluation de S&P est éxagérée et injuste»

Le président de l'Eurogroupe a dénoncé mardi l'attitude de l'agence de notation qui a placé les pays de la zone euro sous «surveillance négative».

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mc/afp
Plusieurs pays de la zone euro sont menacés.

Plusieurs pays de la zone euro sont menacés.

«L'évaluation de l'agence S&P est grossièrement exagérée et injuste», a indiqué, sur Deutschlandfunk, le président de l'Eurogroupe et Premier ministre luxembourgeois, Jean-Claude Juncker. L'agence de notation a effet placé les 17 pays de la zone euro sous «surveillance négative». Dans un délai de 90 jours, tous ces pays pourraient donc voir leur note dégradée. Y compris les six pays AAA, le Luxembourg, la France, l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande et les Pays-Bas.

L'étau se resserre puisque Moody's a menacé de la même façon les pays de la zone euro la semaine dernière. Jean-Claude Juncker a pourtant conseillé de ne pas tenir compte des agences de notation. «La zone euro est en train de mettre les choses en ordre» a-t-il ajouté faisant notamment référence au compromis signé entre Nicolas Sarkozy et Angela Merkel lundi à Paris. Les deux dirigeants se sont mis notamment d'accord sur une révision des traités, avec sanction automatique des États qui laissent filer leurs déficits. Un accord qui serait conclu en mars.

Menace «à prendre au sérieux»

La France a plus d'efforts à faire que d'autres pour protéger son triple A et prend au sérieux la menace d'une dégradation de sa note souveraine, a déclaré ce matin le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé.

Le AAA de la France est désormais directement menacé par Standard & Poor's qui l'a placé lundi sous surveillance avec implication négative, en même temps que les notes de 14 autres pays de la zone euro. L'agence de notation met une pression particulière sur la France en précisant qu'elle pourrait être dégradée de deux crans contre un seulement pour les cinq autres pays AAA de la zone euro.

«Ce n'est pas une dégradation, c'est une menace de dégradation qui concerne l'ensemble de la zone euro», a dit Alain Juppé sur RTL. «Nous savons que nous avons plus d'efforts à faire que d'autres, c'est sûr», a-t-il ajouté. «C'est une menace, ce n'est pas une décision, mais bien sûr qu'il faut la prendre au sérieux».

Les Bourses européennes en recul après l'avertissement de S&P

Les Bourses européennes ont ouvert en nette baisse mardi pâtissant d'un regain de défiance à l'égard de la zone euro. La veille, l'agence américaine Standard and Poor's a lancé un avertissement sur la notation des pays avec un triple A, dont l'Allemagne et la France.

A l'ouverture, Francfort perdait 1,38%, Londres 0,72%, Milan 0,95%. De son côté la Bourse de Paris a ouvert en repli de 0,95% mais se stabilisait après trente minutes d'échanges, à l'instar de Madrid qui revenait à l'équilibre après une ouverture en repli de 0,50%. En Suisse, le SMI a aussi ouvert à la baisse, perdant plus de 0,6%, avant de se ressaisir lui aussi.

Lundi, les places européennes avaient fini dans le vert, soutenues par les nouvelles mesures de rigueur annoncées par l'Italie et les espoirs concernant un plan majeur de sortie de crise pour la zone euro, d'ici le sommet européen prévu vendredi, après l'accord trouvé entre la France et l'Allemagne.

L'annonce lundi soir, de l'agence de notation Standard and Poor's a douché les marchés financiers. Wall Street a eu le temps de terminer sur un gain de 0,65% avant que l'annonce officielle ne tombe. En revanche, les Bourses asiatiques ont accusé le coup mardi, Tokyo lâchant 1,39%, Hong Kong 1,24% et Shanghai 0,31%.

S&P a placé «sous surveillance négative» les notes qu'elle attribue à la dette à long terme de quinze pays de la zone euro, dont l'Allemagne, l'Autriche, la Finlande, la France, le Luxembourg et les Pays-Bas, qui bénéficient actuellement de la meilleure possible. La note de solvabilité de la France est la seule à être menacée d'un abaissement de «deux crans», à «AA».

Paris et Berlin ont réagi dans un communiqué commun, se disant «pleinement solidaires» et confirmant la «volonté de prendre toutes les décisions nécessaires» pour «assurer la stabilité de la zone euro».

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