Pakistan: L'évasion d'un important chef islamiste tourne court
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PakistanL'évasion d'un important chef islamiste tourne court

Les autorités pakistanaises ont annoncé mercredi avoir tué le chef du violent groupe islamiste antichiite Lashkar-e-Jhangvi, Malik Ishaq, abattu lors d'une tentative d'évasion.

Malik Ishaq a été tué alors qu'il tentait de s'évader.

Malik Ishaq a été tué alors qu'il tentait de s'évader.

Malik Ishaq, leader du Lashkar-e-Jhangvi (LeJ), proche d'Al-Qaïda, est mort avec 13 autres membres de son groupe, dont deux de ses fils, dans un affrontement avec la police, a annoncé le ministre de l'Intérieur de la province du Pendjab (est).

Malik Ishaq, récemment arrêté par la police, a, selon les autorités locales, péri dans les faubourgs de la ville de Muzaffargarh, alors que ses partisans ont tenté d'intervenir pour le libérer. «Les membres de son groupe ont ouvert le feu, et la police a répliqué», a indiqué sous couvert d'anonymat un responsable de la police impliqué dans l'opération.

Deux gradés de la police pakistanaise ont déclaré que Malik Ishaq et ses deux fils étaient transférés d'un centre de détention à un autre lorsqu'un groupe d'hommes armés a attaqué le convoi et les a libérés. Malik Ishaq et ses deux fils sont décédés dans la fusillade qui a suivi leur évasion.

Six policiers ont été blessés, a expliqué à l'AFP un responsable de la police impliqué dans l'opération. «Il n'y a eu aucune attaque contre la police», a toutefois souligné un cadre du LeJ sous couvert d'anonymat. Il a dénoncé des assassinats «organisés et approuvés par l'appareil militaire».

Spécialisé dans les attaques contre les minorités

«Les autorités ont tenté de convaincre Malik Ishaq et ses alliés de mettre fin au terrorisme antichiite, mais ils n'y ont pas fait attention. Et elles soupçonnaient également Ishaq d'être passé du côté des forces clairement anti gouvernementales», a dit un cadre des forces de sécurité sous couvert d'anonymat.

Le LeJ est l'un des groupes armés islamistes sunnites, réputé les plus violents du Pakistan, «spécialisé» dans les attaques contre les minorités, notamment les chiites, qu'il accuse d'être des traîtres à l'islam radical qu'il prône.

Il a revendiqué plusieurs attentats sanglants contre les chiites ces dernières années, notamment contre la communauté ethnique hazara du Baloutchistan, une province instable dans le sud-ouest du pays.

Les autorités pakistanaises annoncent régulièrement avoir tué des rebelles, criminels ou autres dans des fusillades provoquées par ces derniers. Mais des défenseurs des droits de l'homme locaux les accusent de mettre en scène certains de ces affrontements pour dissimuler des exécutions extrajudiciaires. (ats)

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