Suisse-USA: L'ex-ambassadrice des Etats-Unis soutient la Suisse
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Suisse-USAL'ex-ambassadrice des Etats-Unis soutient la Suisse

Alors que la conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf est en visite à Washington, l'ancienne ambassadrice des Etats-Unis à Berne Faith Whittlesey dresse un tableau flatteur de la Suisse sur le site internet du «Financial Times».

Lors de sa rencontre lundi avec son homologue Eric Holder, Eveline Widmer-Schlumpf doit également aborder la question de l'affaire fiscale avec UBS.

Beaucoup considèrent que la rencontre de lundi est un premier test pour le gouvernement Obama en relation avec le nouveau partenariat qu'il cherche à établir en matière de politique étrangère, écrit Faith Whittlesey dans son commentaire. Elle rappelle la colère qu'ont suscité en Suisse les autorités fiscales américaines en obtenant par la pression la remise de données sur les clients d'UBS en dehors des voies d'entraide judiciaire administrative. Ce qui revient à fouler aux pieds deux accords bilatéraux conclus avec la Suisse. La première expérience helvétique avec le nouveau gouvernement américain s'est déroulée face à une superpuissance qui utilise toute sa force brute, explique l'ex-diplomate, qui représentait le gouvernement Reagan à Berne dans les années 80.

La Suisse est un pays stable et conscient de ses responsabilités, ainsi qu'un partenaire sur lequel on peut compter dans la lutte contre le trafic de drogue, le terrorisme et d'autres menaces, selon Faith Wittlessey. En outre, ce pays joue un rôle important dans le monde financier et, avec ses investissements aux Etats-Unis, offre un emploi à environ 500 000 personnes. Le résultat de la procédure adoptée dans l'affaire UBS est que la confiance des Suisses dans les Etats-Unis va baisser et de nouveaux emplois vont être délocalisés ailleurs en Europe de l'Est et en Asie.

«Un ami à choyer»

Nous devons espérer que le gouvernement Obama décide de traiter avec prévoyance et considération un ami sur qui on peut compter, contrairement à d'autres régimes qui ne sont pas aussi amicaux et fiables, estime l'ancienne ambassadrice américaine. Cette dernière, qui préside l'«American Swiss Foundation», avait représenté les intérêts américains en Suisse de 1981 à 1983 et de 1985 à 1988.

La rencontre entre Eveline Widmer-Schlumpf et Eric Holder a lieu à l'invitation du ministère américain de la justice. La responsable du Département fédéral de justice et police (DFJP) doit aborder non seulement l'affaire UBS, mais également des questions bilatérales comme l'éventuel accueil de prisonniers de Guantanamo. Cette entrevue est par ailleurs l'occasion d'évoquer l'accord entre la Suisse et les Etats-Unis sur la coopération pénale dans les enquêtes visant Al-Qaïda, ainsi que le programme de dispense de visa. A Berne, on s'attend à ce que les plus récentes décisions du Conseil fédéral sur l'avenir du secret bancaire soient abordées et que des informations soient données sur la plainte civile déposée aux Etats-Unis contre UBS. Elle doit faire l'objet d'une audition d'une commission du Sénat américain mercredi prochain. (ap)

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