Actualisé 02.06.2013 à 17:27

Affaire Holenweger L'ex-banquier réclame des indemnités à l'Etat

Oskar Holenweger a déposé plainte contre la Confédération il y a une année. Mais la procédure prend du temps.

Le procès de l'ex-banquier a été autant politisé que controversé.

Le procès de l'ex-banquier a été autant politisé que controversé.

L'ancien banquier privé Oskar Holenweger estime qu'il a été de fait forcé à vendre sa banque. Il juge la Confédération responsable et a déposé plainte il y a une année déjà, a indiqué dimanche à l'ats le Département fédéral des finances, confirmant une information de la «NZZ am Sonntag».

M. Holenweger a également réclamé des comptes en avril 2012 à l'autorité de surveillance bancaire (FINMA) et au cabinet d'expertise comptable KPMG. Il s'agit d'une affaire complexe, c'est pourquoi la procédure demande du temps, a expliqué le porte-parole du Département fédéral.

Le Tribunal pénal fédéral avait acquitté Oskar Holenweger en avril 2011, huit ans après le début de l'affaire. Il était notamment accusé de blanchiment d'argent provenant du trafic de drogue colombien ainsi que de la gestion de présumées caisses noires pour le compte du groupe Alstom.

Enquête du Ministère public critiquée

Or plusieurs actions menées contre lui par le Ministère public de la Confédération (MPC) lors de l'enquête ont été jugées «illégales» par la Cour des affaires pénales du Tribunal. La Cour avait notamment condamné l'engagement par le MPC de José Manuel Ramos, baron de la drogue d'origine colombienne, dont les déclarations ont provoqué l'ouverture d'une enquête pour blanchiment contre Oskar Holenweger.

José Manuel Ramos n'avait pas le droit d'inciter l'ex-banquier à commettre un acte frauduleux. Sans cette intervention, rien ne prouve que l'accusé se serait livré à des activités criminelles, avait entre autres estimé la Cour.

«Accusations inventées»

Au cours de l'enquête, KPMG avait été chargé par la FINMA d'examiner les activités de la banque «Tempus» de M. Holenweger pour déterminer si elles respectaient la loi. L'ancien banquier accuse maintenant le cabinet d'audit d'avoir répandu de fausses informations, a précisé dimanche le porte-parole du Département fédéral des finances.

KPMG est coresponsable des «accusations inventées» par les autorités dans cette affaire, qui ont mené à la vente forcée de la banque Tempus en 2004, estime son ancien propriétaire.

Mais seule la Confédération peut se retourner contre le cabinet d'audit, si ce dernier a manqué à ses devoirs, a expliqué le porte-parole du Département des finances, sans vouloir donner davantage de précision vu que la procédure est en cours.

Si le Département des finances rejette la requête de M. Holenweger contre la Confédération, l'ex-banquier pourra faire recours au Tribunal administratif fédéral. (ats)

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