Genève: L'ex-comptable des HUG et un avocat jugés
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GenèveL'ex-comptable des HUG et un avocat jugés

Le procès de l'ancien chef de la comptabilité des Hôpitaux universitaires de Genève et d'un avocat s'est ouvert ce lundi.

Un procès singulier s'est ouvert lundi devant le Tribunal correctionnel de Genève.

L'ancien chef du service des comptabilités des HUG est poursuivi pour avoir causé un préjudice de 22 millions de francs à son ex-employeur. Un avocat est aussi sur le banc des accusés.

Le chef comptable, 62 ans, avait sollicité l'avocat, 61 ans, pour s'occuper du recouvrement des factures impayées des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). De 2007 à 2015, l'avocat a perçu pour ce travail un peu plus de 50 millions de francs d'honoraires, alors que seulement 20 millions figuraient dans les comptes.

Le Ministère public reproche au prévenu d'avoir masqué le coût réel du recouvrement en comptabilisant à ce poste des recettes qui n'auraient jamais dû l'être. Il accuse aussi le comptable d'avoir surfacturé les prestations fournies par l'avocat, lui versant notamment 42 francs par sommation, et rémunéré du travail fictif.

Camarades d'études

Les deux prévenus, des amis anciens camarades d'études, contestent les charges qui pèsent sur eux et plaident leur acquittement. «Je vis cette procédure comme une injustice complète», a déclaré devant le tribunal l'ancien chef comptable des HUG. «J'ai toujours fait mon travail en mon âme et conscience», a-t-il ajouté.

L'ex-chef comptable a notamment affirmé que le recours à son ami avocat aura au final coûté moins cher aux HUG que d'utiliser les services d'une société de recouvrement. Il a aussi expliqué que les manoeuvres comptables qui lui sont reprochées relevaient de pratiques anciennes qui n'avaient jamais été contestées.

L'expert mandaté par la justice dans cette affaire relève que les procédés qui ont été utilisés pour diminuer les coûts du recouvrement n'étaient pas autorisés, lui a répondu la présidente du tribunal Alexandra Banna. La magistrate a longuement interrogé l'ancien cadre des HUG sur le système de facturation qu'il utilisait.

Un bon rendement

«Vous ne vous êtes jamais inquiété du montant des honoraires de l'avocat?», lui a-t-elle demandé. Non, a précisé l'accusé, car «nous encaissions quatre à cinq fois le coût du recouvrement». La performance était bonne par rapport au marché, a-t-il encore fait remarquer.

La présidente du tribunal s'est aussi demandé pourquoi aucune trace écrite n'existait concernant le forfait de 42 francs par sommation effectuée par l'avocat. Le prévenu, face à ce constat, s'est un peu emmêlé dans ses explications, estimant que seul comptait la rentabilité de l'activité.

Le système mis en place aux HUG pour le recouvrement des factures impayées avait été dénoncé par la Cour des comptes qui avait porté le cas devant la justice. Sans cette intervention, souligne le premier procureur Stéphane Grodecki dans son acte d'accusation, les actions des deux prévenus se seraient poursuivies.

Le procès est appelé à durer jusqu'à vendredi. Le verdict sera rendu le 21 décembre. Le comptable est poursuivi pour faux dans les titres, gestion déloyale des intérêts publics et alternativement d'escroquerie. L'avocat, lui, doit répondre d'escroquerie et d'instigation à gestion déloyale des intérêts publics. (nxp/ats)

(NewsXpress)

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